Patrimoine : Une nouvelle association algérienne accréditée par l’UNESCO
L’Algérie vient d’inscrire un nouveau nom dans le cercle très fermé des organisations non gouvernementales accréditées auprès de la Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. La ministre de la Culture et des Arts, Mme Malika Bendouda, a adressé ses félicitations officielles à l’Association nationale « Tourath Djazaïrna » (Patrimoine de notre Algérie) à l’occasion de son accréditation par l’UNESCO, aux côtés de quatre autres associations algériennes. Elles rejoignent ainsi une liste comptant à peine 59 organisations à travers le monde. Dans son communiqué, le ministère indique que cette accréditation « reflète le travail sérieux mené par l’association depuis sa création en 2017 » et « vient confirmer la place de l’Algérie à l’avant-garde de la préservation du patrimoine culturel immatériel ».
Fondée à l’initiative d’universitaires et de chercheurs, l’association s’est imposée en moins d’une décennie comme un acteur incontournable de la mémoire nationale. Son périmètre d’action est vaste : recensement de centaines de sites de gravures rupestres dans l’Atlas saharien et le Tassili, documentation de pratiques orales comme la Bouqala et les Mahajiyat, inventaire des rites de mariage dans les régions de Mostaganem, Adrar, Ouargla et Annaba. Un travail de terrain qui touche autant à l’identité qu’à la transmission.
L’association a également mené des recherches sur la dimension sociale du vêtement traditionnel, le burnous, la milaya, et son rôle durant la guerre de libération. Depuis 2024, elle coordonne en Algérie le réseau Anna Lindh, fondation euroméditerranéenne pour le dialogue des cultures, ce qui lui ouvre une tribune internationale. Sur le plan pédagogique, des initiatives comme le « Rallye archéologique » et les programmes d’« archéologie thérapeutique » visent à ancrer chez les jeunes générations un rapport vivant à leur patrimoine. L’accréditation UNESCO officialise une reconnaissance qui, pour « Tourath Djazaïrna », était déjà inscrite dans les faits.
M.S.

