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Cisjordanie, El Qods, Ghaza : Une journée de terreur sous l’occupation sioniste

Il n’est pas une heure, pas un quartier, pas un camp de réfugiés qui échappe à la mécanique de l’occupation. De Beït Lahm à Naplouse, d’El Khalil à El Qods occupée, les forces sionistes ont multiplié les incursions, les démolitions et les opérations de bouclage, tandis qu’à Ghaza, le système de santé agonise sous le poids d’un blocus médical que les chiffres peinent à traduire dans toute leur horreur. L’agence de presse palestinienne Wafa et les autorités sanitaires de Ghaza ont documenté, heure par heure, une journée de lundi qui ressemble à toutes les autres sous l’occupation, c’est-à-dire à une journée de violence méthodique.

En Cisjordanie, les forces d’occupation ont pris d’assaut le camp de réfugiés de Dheisheh, au sud de Beït Lahm, se déployant dans plusieurs quartiers et perquisitionnant des habitations. Les localités d’Al-Khader, Tuqu, Harmala, Abu Njeim et Artas ont connu le même sort. Mais c’est dans la région d’El Khadr que les bulldozers ont parlé le plus fort : deux maisons habitées et une station de lavage de véhicules ont été rasées après bouclage complet de la zone. Cette région est, depuis des années, soumise à une politique systématique de démolitions et d’ordres d’arrêt de construction, stratégie éprouvée de l’entité sioniste pour vider les terres palestiniennes de leurs habitants au profit de la colonisation.

Dans le gouvernorat d’El Khalil, l’armée d’occupation a multiplié les barrages militaires aux entrées des villes, villages et camps de réfugiés, fermant les routes à l’aide de portes métalliques, de blocs de béton et de remblais de terre. À Naplouse, des raids ont visé la zone d’Askar Al-Balad et le quartier d’Al-Makhfiya, où plusieurs maisons ont été perquisitionnées et saccagées. Des interrogatoires sur le terrain ont été menés auprès des habitants. La localité de Kafr Qalil a également été investie. À El Qods occupée, les forces sionistes ont démoli une maison et un immeuble résidentiel dans la localité de Kafr Aqab, au nord de la ville, détruisant une habitation de deux étages, un appartement et des entrepôts, ainsi qu’un bâtiment résidentiel de trois étages. Dans la localité d’Al-Sawahira Al-Charqiya, au sud-est d’El Qods, une opération nocturne a causé d’importants dégâts matériels dans deux maisons. C’est la deuxième intervention de ce type en moins de quatre jours, la précédente s’étant soldée par la confiscation d’argent liquide et de bijoux en or. Dans la localité d’Al-Issawiya, les services municipaux de l’occupation sont allés jusqu’à saisir un étal de vente de galettes et dresser des contraventions contre des véhicules palestiniens. Au barrage de Jaba, au nord d’El Qods, d’importants embouteillages ont paralysé la circulation.

Dans le gouvernorat de Ramallah, des colons ont mis le feu à un atelier de réparation de véhicules dans le village de Shaqba. L’incendie s’est propagé à de vastes zones environnantes, causant d’importants dégâts. Il ne s’agit pas de la première attaque contre cet atelier. Les forces d’occupation, selon des sources locales, ont investi la zone pour assurer la protection des assaillants. À Ghaza, pendant ce temps, le Dr Bassam Zaqout, directeur des secours médicaux dans la bande assiégée, a dressé lundi un tableau sans équivoque de l’effondrement sanitaire en cours. Environ 70% des patients qui se présentent dans les hôpitaux et les centres de santé ne reçoivent pas de soins complets, a-t-il déclaré à la presse. Le ministère de la Santé accuse un déficit de 50% en médicaments, de plus de 75% en capacités de diagnostic et de plus de 60% en consommables médicaux généraux. Le manque de matériel pour les opérations de cathétérisme cardiaque, qui sauvent des vies, a atteint un niveau catastrophique compris entre 90% et 95%. Les équipes médicales sont désormais incapables d’identifier les causes des épidémies de diarrhée et d’hépatite virale qui se propagent, faute de réactifs de laboratoire et d’équipements opérationnels. Elles traitent les symptômes sans pouvoir soigner les maux. Les malades du cancer, les patients chroniques, les milliers de blessés en attente d’interventions chirurgicales répétées pour extraire des éclats d’obus ou traiter des infections osseuses paient le prix le plus lourd. Certains attendent depuis plus d’un an et demi une évacuation à l’étranger, exposés à un risque réel d’amputation aggravée. La crise du carburant menace désormais le fonctionnement même des générateurs électriques des principaux centres médicaux.

Ce lundi, les autorités sanitaires palestiniennes ont communiqué un nouveau bilan de l’agression génocidaire sioniste contre Ghaza : 73.035 martyrs et 173.368 blessés depuis le 7 octobre 2023, en majorité des femmes et des enfants. Trois martyrs et onze blessés ont été transférés vers les hôpitaux au cours des dernières vingt-quatre heures. De nombreuses victimes se trouvent encore sous les décombres. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 10 octobre dernier, 1.024 Palestiniens sont tombés en martyrs, 3.260 autres ont été blessés et les corps de 784 martyrs ont été récupérés.

L.S.

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