Les partis multiplient les appels à un vote massif pour consolider les institutions de l’Etat
A treize jours du scrutin du 2 juillet, les chefs de partis ont sillonné dimanche le pays, de Tizi-Ouzou à Guelma en passant par Médéa, Mostaganem, M’sila et Mascara, pour dérouler leurs programmes économiques et lancer un appel commun à une participation massive, érigée en condition de la légitimité de la future Assemblée populaire nationale (APN). A Tizi-Ouzou, la secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, a donné le ton en appelant à « préserver les acquis de la démocratie en votant massivement » le 2 juillet. Devant les militants réunis à la Maison de la culture Mouloud-Mammeri, elle a détaillé un programme qu’elle présente comme transversal, couvrant l’économique, le politique et le culturel, avec en tête de liste le renforcement du développement durable. Sur le volet économique, elle a plaidé pour réduire la dépendance du pays au marché mondial : « Nous devons travailler à immuniser le pays et à réduire au maximum la dépendance au marché mondial en assurant, notamment, notre propre sécurité alimentaire, car il y va de la sécurité nationale », a-t-elle affirmé, avant de renouveler son appel au vote pour les candidats du PT et de se dire « confiante en la capacité de discernement du peuple algérien ».
A Médéa, le président du Mouvement de la société pour la paix, Abdelali Hassani Cherif, a placé son intervention sous le signe de la souveraineté économique. Devant la Salle Omnisport Imam-Ilyes, il a appelé à une « valorisation optimale » du potentiel national, humain et économique, pour créer des pôles agricoles, industriels et technologiques, qu’il considère comme « les principaux leviers des économies modernes ». « Notre souveraineté économique repose sur une meilleure exploitation de nos ressources et sur l’encouragement de l’investissement », a-t-il soutenu, estimant que l’Algérie dispose des atouts nécessaires pour s’affirmer davantage sur la scène internationale. Le chef du MSP a par ailleurs insisté sur la nécessité d’associer davantage les citoyens au processus politique et réaffirmé l’attachement de son parti au dialogue avec les autres formations. Il devait enchaîner dans l’après-midi avec deux autres meetings, à Ksar-El-Boukhari puis à Djelfa.
A Mostaganem, le secrétaire général du FLN, Abdelkrim Benmebarek, a inscrit le scrutin dans un registre plus institutionnel. Réuni avec les militants à la salle de cinéma de Sidi Ali, il a estimé que les législatives constituent « une étape nationale décisive pour renforcer les institutions de l’Etat et préserver les acquis », loin d’une simple échéance électorale. Il a présenté le service de la Nation comme une responsabilité fondamentale du parti et appelé les citoyens à se rendre massivement aux urnes, rappelant que « chaque voix est une responsabilité confiée par les électeurs et chaque siège représente un engagement au service de la patrie ».
Le même registre institutionnel a été repris à Guelma par le président de Sawt Echaâb, Lamine Osmani, qui a estimé, lors d’une rencontre de proximité Place du 8-Mai-1945, qu’une large participation permettrait d’élire une APN « répondant aux aspirations des citoyens » et en mesure de poursuivre l’édification nationale. Il a insisté sur la nécessité de choisir des candidats dotés des compétences requises pour exercer les missions législatives et de contrôle, assurant que les candidats de son parti, issus de différentes tranches d’âge, répondent à ces critères. M. Osmani a animé plusieurs autres activités de proximité à Boumahra-Ahmed et Dahouara, avant de poursuivre sa tournée dans la wilaya de Souk Ahras.
A M’sila, le secrétaire général du RND, Mounder Bouden, a mis en avant le bilan économique et social du pays. Lors d’un meeting à la Maison de la Culture Guenfoud-Hamlaoui, il a affirmé que l’Algérie « a réalisé de grandes avancées au cours des dernières années, avec un impact direct sur la réalité économique », promettant que les candidats du RND, en cas de victoire, œuvreront à consolider ces résultats. Il a présenté le programme de son parti comme reposant sur des mécanismes de coordination permettant de faire remonter les préoccupations des citoyens vers les autorités compétentes, avant de réitérer son appel à un « vote massif » et de vanter des listes composées de « cadres reconnus pour leur compétence et leur expérience ». Il devait animer deux autres meetings l’après-midi même, à Djelfa et à Laghouat.
A Mascara enfin, le président du Front El Moustakbal, Fatah Boutbig, a qualifié le scrutin de « rendez-vous national majeur visant à tracer les contours de l’avenir du pays ». Devant la Maison de la Culture Abi-Ras-En-Naceri, il a formé le vœu de voir émerger un « Parlement fort », capable de défendre les intérêts de la nation et de proposer des réponses concrètes aux préoccupations des citoyens. Sur le fond, il a mis l’accent sur le secteur agricole, qu’il lie à un soutien accru aux agriculteurs pour accompagner le développement durable, avant d’appeler à une mobilisation massive le jour du vote. Sa tournée devait se poursuivre à Tiaret puis à Tissemsilt.
D’autres formations ont complété ce tour de piste électoral. A Djelfa, le président du Parti de l’Unité nationale et du développement, Mohamed Dif, a présenté un programme axé sur le soutien à l’investissement local et la création de zones industrielles dans les communes de la wilaya, avec une attention particulière portée aux jeunes, aux diplômés universitaires et aux femmes au foyer. A Médéa, le président d’El-Fadjr El-Djadid, Tahar Benbaibeche, a appelé les jeunes à « investir le champ politique », estimant que l’avenir du pays repose sur l’émergence d’une élite jeune capable de préserver les acquis. Et à Tizi-Ouzou, le président d’El Karama, Mohamed Daoui, a mis l’accent sur le développement local et la modernisation des infrastructures de la wilaya, présentant une liste qu’il décrit comme équilibrée entre compétences universitaires et représentation des jeunes et des femmes.
Au-delà de la diversité des programmes, un même mot d’ordre traverse cette journée de campagne : la mobilisation des électeurs, présentée par l’ensemble des intervenants comme la condition d’une Assemblée populaire nationale représentative et en phase avec les attentes du pays.
Hocine Fadheli

