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Skikda : Les ZET de La Marsa revitalisées

Un littoral stratégique en voie de structuration, entre ambitions d’investissement, création d’emplois et diversification hors hydrocarbures.

À Skikda, la relance des deux Zones d’expansion touristique (ZET) de La Marsa s’inscrit dans la dynamique nationale de diversification économique hors hydrocarbures, avec des retombées attendues en matière d’investissement, d’emploi et de valorisation du foncier touristique. Longtemps considérées comme un potentiel sous-exploité, les zones côtières de la wilaya entrent ainsi dans une phase de transformation progressive, les projections faisant de ces projets un levier structurant pour l’économie locale. À La Marsa, les paysages du littoral skikdi dessinent un potentiel rarement égalé : plages étendues, criques naturelles, reliefs boisés et proximité immédiate de pôles urbains. C’est dans ce cadre que prennent forme deux Zones d’expansion touristique (ZET), appelées à structurer un foncier estimé à plusieurs dizaines d’hectares dédiés au développement touristique. Selon des estimations issues de programmes similaires menés sur le littoral national, chaque ZET de cette nature peut mobiliser entre 2 et 6 milliards de dinars d’investissements directs et indirects, en fonction des infrastructures projetées (hôtellerie, loisirs, services, aménagements côtiers).

L’enjeu économique est considérable pour la wilaya de Skikda. La mise en valeur des deux ZET de La Marsa pourrait générer, à terme, entre 1 000 et 2 000 emplois directs et indirects, notamment dans les secteurs de l’hôtellerie et de l’hébergement touristique. Ce développement devrait également profiter au secteur de la restauration et des services, au BTP et aux travaux d’aménagement, ainsi qu’au transport touristique, aux activités de loisirs et à l’artisanat local. Ces emplois devraient bénéficier en priorité aux jeunes de la région, dans une wilaya où la demande d’insertion professionnelle reste élevée.

Deux modèles économiques complémentaires

Les deux sites retenus traduisent une logique de spécialisation économique du territoire. Le premier site, situé à l’entrée de La Marsa, est conçu comme un pôle d’accueil structurant. Il pourrait concentrer 40 à 50 % des capacités d’hébergement prévues, avec des hôtels de moyenne gamme, des résidences touristiques et des services commerciaux. Ce type de configuration est généralement associé à un flux important d’estivants et à une activité économique saisonnière mais intense. Le second site, situé à Sidi Akacha, offre un potentiel différent. Avec son relief préservé et ses panoramas naturels, il s’oriente vers un modèle plus sélectif, à forte valeur ajoutée, intégrant des établissements haut de gamme et écoresponsables, où les investissements unitaires peuvent dépasser les standards classiques du littoral.

La wilaya dispose de plus de 130 kilomètres de côte, mais seule une fraction est aujourd’hui réellement structurée sur le plan touristique. Les experts estiment que moins de 30 % du foncier littoral potentiellement exploitable est actuellement aménagé ou en cours de développement. Dans ce contexte, les ZET représentent un outil central de planification : elles permettent de sécuriser le foncier, d’organiser l’investissement, d’éviter l’urbanisation anarchique et d’orienter les capitaux vers des projets structurants.

Guerbès-Sanhadja, un pôle é à fort potentiel de croissance

À Ben Azzouz, la zone humide de Guerbès-Sanhadja, classée site Ramsar, complète cette nouvelle carte touristique. Avec une superficie naturelle importante et un écosystème préservé, elle pourrait accueillir des projets de tourisme écologique et aquatique générant, à moyen terme, plusieurs dizaines de millions de dinars d’investissements. Ce type de tourisme, en forte croissance mondiale, permettrait à Skikda de diversifier son offre et d’étendre l’activité touristique au-delà de la saison estivale. Les projections locales évoquent la possibilité de créer 200 à 400 emplois supplémentaires dans les activités liées à l’écotourisme, aux guides de nature, aux services d’accueil et aux activités nautiques.

Au-delà des investissements directs, les économistes du tourisme estiment que chaque dinar investi dans une zone touristique structurée génère un effet multiplicateur compris entre 1,5 et 2,2 dinars dans l’économie locale, à travers la consommation, les services et les activités annexes. Pour Skikda, cela signifie que la mise en valeur des ZET pourrait injecter, à moyen terme, plusieurs milliards de dinars supplémentaires dans l’économie régionale, notamment dans le commerce, le transport et l’artisanat.

Cette dynamique s’inscrit dans la stratégie nationale de diversification économique, qui fait du tourisme un secteur prioritaire pour réduire la dépendance aux hydrocarbures. La wilaya de Skikda, traditionnellement tournée vers l’industrie et l’énergie, cherche ainsi à rééquilibrer son tissu économique en valorisant ses atouts naturels.

Entre structuration foncière, montée en gamme de l’offre touristique et intégration de l’écotourisme, les ZET de La Marsa apparaissent comme un projet charnière. Si les investissements annoncés se concrétisent, Skikda pourrait progressivement passer du statut de destination balnéaire saisonnière à celui de pôle touristique régional structuré, capable de générer de la richesse sur toute l’année. Reste désormais l’étape décisive : transformer le potentiel en réalisations concrètes, sur un littoral où la nature a déjà fait l’essentiel du travail.

Sofia Chahine

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