Économie

Industrie automobile : Partenariat avec Stellantis pour former les compétences

La ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Nacima Arhab, a reçu lundi au siège de son département le PDG de Fiat Algérie, Raoui Beji, pour jeter les bases d’un partenariat stratégique entre le système de formation nationale et la seule marque automobile à avoir concrétisé une véritable usine de construction en Algérie depuis l’entrée en vigueur du nouveau cahier des charges de 2022. La réunion intervient dans un contexte de montée en cadence industrielle sans précédent. L’usine Stellantis de Tafraoui, près d’Oran, vise 90 000 véhicules produits en 2026, contre 18 000 en 2024, soit une multiplication par cinq en deux ans à peine. L’extension du site, dont le chantier a été lancé, devrait porter la capacité à 135 000 unités à l’horizon 2028, avec la création annoncée de 1 000 emplois supplémentaires. Mais derrière les chiffres de production se pose une question: d’où viendront les ouvriers qualifiés capables d’alimenter cette dynamique ?

Le gouvernement a tranché depuis longtemps sur le fond. Le président Tebboune a rejeté sans ambiguïté le modèle de simple assemblage, qu’il a qualifié de « gonflage de pneus », posant comme condition sine qua non une intégration locale réelle et progressive. Le nouveau cahier des charges impose ainsi des paliers contraignants, 10 % d’intégration à la deuxième année, 20 % à la troisième, 30 % à la cinquième. Un groupe de travail multisectoriel a même été constitué pour élaborer un référentiel national de l’intégration, couvrant voitures, autobus et motocyclettes, afin de structurer un réseau de sous-traitants capables de produire les différents composants nécessaires à la filière. Fiat s’est engagée à dépasser ces seuils. Le taux d’intégration de 30 % avec l’emboutissage confié à un fournisseur local algérien est attendu dès fin 2026.

C’est précisément dans cette logique que s’inscrit la rencontre de lundi. Selon le communiqué du ministère, les deux parties ont examiné le « renforcement de la coopération et du partenariat entre les deux secteurs, notamment dans le domaine du développement des formations liées à l’industrie automobile et de l’amélioration des compétences des ressources humaines nationales, en adéquation avec la dynamique industrielle que connaît l’Algérie ». La réunion a aussi acté « le lancement de l’élaboration de programmes de formation spécialisée innovants destinés aux métiers de la construction automobile selon les normes modernes, permettant ainsi de former une main-d’œuvre qualifiée capable d’accompagner le développement de l’industrie mécanique nationale et de renforcer sa compétitivité ».

Au-delà de la chaîne de montage elle-même, c’est tout l’écosystème de la sous-traitance qui est visé. Le communiqué insiste sur « l’importance de bâtir un système de formation intégré couvrant les différents maillons de la chaîne de valeur de l’industrie automobile, notamment en ce qui concerne le réseau national de sous-traitance, à travers la création de spécialités pointues répondant aux besoins des petites et moyennes entreprises actives ou souhaitant s’intégrer dans le système de fabrication des pièces de rechange et des services industriels connexes ». Fiat Algérie compte déjà une vingtaine de fournisseurs locaux dans son réseau, dont Ferruz pour les roues, IRIS Tyres pour les pneumatiques, IDE-NET pour les faisceaux électriques, Martur pour les sièges et SIGIT-ACS pour les pièces plastiques. Former les hommes qui vont alimenter ces ateliers devient aussi urgent que d’en ouvrir de nouveaux.

La question du lien entre centres de formation et entreprises industrielles a également été au cœur des échanges. Les deux parties ont examiné « les moyens de développer la coopération dans les domaines de la formation pratique et de relier les centres de formation professionnelle aux entreprises industrielles, en vue d’adapter la formation aux besoins du marché du travail », précise la même source. La rencontre s’est conclue sur la volonté des deux parties de « poursuivre la coordination et l’action conjointe afin d’établir un partenariat stratégique efficace entre le secteur de la Formation et de l’Enseignement professionnels et Fiat Algérie, au service de l’avenir de l’industrie nationale dans le domaine de la construction automobile ». L’ambition est posée. Reste à bâtir, vite, les programmes qui lui donneront corps.

Samir Benisid

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