Alger-Niamey : Bâtir les infrastructures de l’intégration africaine
Deux ministres nigériens étaient mardi hier à Alger dans une illustration de l’intensité retrouvée des relations algéro-nigériennes. Les deux pays misent sur le concret pour donner corps à leur ambition d’intégration continentale. Le ministre des Mines et de l’Industrie minière, Mourad Hanifi, a reçu son homologue nigérien, le commissaire colonel Ousmane Abarchi, pour une visite de travail de deux jours placée sous le signe de la coopération minière. Les entretiens, auxquels participait la secrétaire d’État Karima Bakir, ont porté sur l’échange d’expertises en matière d’exploration minière, de cartographie géologique et de formation de cadres spécialisés. Mais l’essentiel était ailleurs : les deux délégations ont examiné les « opportunités d’investissement conjointes dans le secteur minier », selon le communiqué du ministère, dans un sous-sol nigérien réputé pour ses ressources considérables en uranium, or et autres minerais stratégiques. La visite s’inscrit dans le prolongement des recommandations de la Grande Commission mixte algéro-nigérienne et devrait déboucher, à son terme, sur « une feuille de route commune » fixant les actions de coopération à mettre en œuvre.
Pendant ce temps, au ministère des Travaux publics, Abdelkader Djellaoui recevait le ministre nigérien de l’Équipement et des Infrastructures, Salissou Mahamane Salissou. Le dossier phare de cet entretien, la Route transsaharienne. Ce projet d’interconnexion entre l’Algérie, le Niger et d’autres pays du Sahel, longtemps resté dans les cartons, a été présenté comme « un projet stratégique et prometteur pour renforcer l’interconnexion économique entre les pays qu’elle traverse », selon les termes du communiqué ministériel. Les deux parties ont fait le point sur l’état d’avancement du chantier et sur les mécanismes de coopération technique associés, avant d’évaluer la mise en œuvre des protocoles d’accord liant leurs laboratoires techniques respectifs, le LCTP et le CTTP côté algérien, leurs homologues nigériens de l’autre. La réunion a accouché d’une décision structurante, soit la création d’une « commission technique sectorielle algéro-nigérienne », mécanisme bilatéral permanent chargé de suivre l’exécution des programmes de coopération et d’en garantir la continuité.
Amar Malki

