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9 sur 10 pour l’Afrique

Le football africain vit un moment historique. Sur les dix sélections du continent engagées dans la Coupe du monde 2026, une première rendue possible par le nouveau format à 48 équipes,, neuf ont validé leur billet pour les seizièmes de finale. Seule la Tunisie manque à l’appel, éliminée au terme d’une phase de groupes calamiteuse. L’Algérie, le Sénégal, l’Égypte, le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Cap-Vert, l’Afrique du Sud et la RD Congo poursuivront leur aventure dans la phase à élimination directe.

Avant le coup d’envoi du tournoi, peu d’observateurs auraient misé sur un tel bilan continental. Les raisons du scepticisme ne manquaient pas. Le Cap-Vert disputait sa toute première Coupe du monde. La RD Congo n’y avait plus participé depuis 1974. L’Égypte, malgré son statut de géant continental, n’avait jamais remporté le moindre match dans l’histoire de la compétition. L’Afrique du Sud et la Côte d’Ivoire, quant à elles, n’avaient jamais réussi à franchir le premier tour lors de leurs précédentes participations. Dans ce contexte, l’hypothèse d’une qualification massive des représentants africains tenait davantage du vœu pieux que du pronostic sérieux.

Et pourtant. Au terme de 18 journées de phase de groupes disputées sur trois continents, l’Afrique affiche un bilan proprement ahurissant. Neuf sélections sur dix qualifiées, un ratio sans précédent dans l’histoire de la Coupe du monde, toutes éditions confondues. Un chiffre qui dit, à lui seul, le chemin parcouru par le football africain depuis ses débuts balbutiants dans la compétition et qui constitue, objectivement, la plus grande performance collective du continent en Coupe du monde.

Le tableau des seizièmes de finale s’annonce corsé pour les représentants africains, mais ils ne se présentent pas en victimes consentantes. La Côte d’Ivoire par exemple aura fort à faire face à la Norvège de Haaland. La RD Congo, surprise du tournoi, s’attaquera à l’Angleterre. Le Sénégal défiera la Belgique dans un duel qui promet. Le Cap-Vert, à sa première Coupe du monde, se mesurera à rien de moins que l’Argentine de Messi. L’Algérie retrouvera la Suisse le 3 juillet à Vancouver, tandis que l’Australie se trouve sur la route de l’Égypte.

Mais aucune sélection africaine ne s’y présente sans atouts. Le Ghana a confirmé sa montée en puissance. L’Algérie a montré face à l’Autriche un caractère et une densité technique qui forcent le respect, y compris dans les rangs adverses. La RD Congo a surpris tout le monde.

Cette qualification massive n’est pas le fruit du hasard, ni uniquement de la générosité arithmétique d’un format élargi. Certes, passer de cinq à dix représentants africains a mécaniquement augmenté les chances du continent. Mais le format à 48 équipes n’aurait servi à rien si les sélections n’avaient pas les moyens sportifs d’en profiter. Or, l’Afrique a démontré, groupe après groupe, qu’elle avait les arguments pour tenir sa place parmi les meilleures nations du monde. La génération actuelle, celle de Mahrez, Mané, Salah et de tant d’autres joueurs évoluant dans les plus grands clubs européens, dispose d’une expérience et d’une qualité technique qui n’ont plus rien à envier aux équipes dites « traditionnellement fortes ».

Seule ombre au tableau, la Tunisie, dont l’élimination précoce tranche avec le tableau d’ensemble. Les Aigles de Carthage ont vécu un tournoi cauchemardesque et rentrent chez eux dès la phase de groupes, laissant à leurs voisins et rivaux continentaux le soin de porter les couleurs de l’Afrique dans la suite de la compétition.

Pour le reste, l’Afrique a rendez-vous avec l’histoire. Jamais le continent n’avait placé autant de représentants dans la deuxième phase d’un Mondial. La question n’est plus de savoir si l’Afrique a sa place parmi les grandes nations du football mondial. Elle y est, et elle compte bien y rester.

M.D.

admin

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