Manuscrits du fiqh malékite : Djamaâ El-Djazaïr plaide pour la sauvegarde d’un patrimoine scientifique national
Le recteur de Djamaâ El-Djazaïr, cheikh Mohamed Maâmoun Al Kacimi Al Hoceini, a mis en avant, mardi à Alger, l’importance des manuscrits du fiqh (jurisprudence) malékite conservés dans les fonds documentaires algériens, les qualifiant de « patrimoine important dans l’ancrage du référent religieux national et la préservation de la mémoire scientifique de l’Algérie ». C’est à l’occasion de l’ouverture d’une conférence scientifique intitulée « les manuscrits du fiqh malékite dans les fonds documentaires algériens, le rôle de référence et la valeur du patrimoine » que le recteur s’est exprimé, devant un parterre d’enseignants, de chercheurs et de spécialistes du patrimoine manuscrit venus débattre de la valeur scientifique et patrimoniale de ces textes. Selon lui, le choix de la jurisprudence malékite comme thème de ce forum « n’est pas un choix fortuit, mais représente l’épine dorsale du référent » religieux algérien. Il a précisé que ces manuscrits « n’ont pas seulement conservé les textes de jurisprudence, mais également l’héritage d’une école scientifique séculaire, ayant contribué à asseoir le référent religieux national, à façonner la personnalité scientifique algérienne et à unifier son essence religieuse, au fil des siècles ». Le recteur a ajouté que l’intérêt scientifique de cette rencontre, abritée par Djamaâ El-Djazaïr, réside dans l’étude de ces textes en tant que « témoins de la formation de la personnalité scientifique en Algérie et de l’évolution de son référent religieux au fil des siècles, jusqu’à faire du référent malékite l’un des piliers de l’union spirituelle et culturelle du peuple algérien ».
Cette conférence s’inscrit dans une dynamique déjà engagée par l’institution, dont la bibliothèque, conçue pour accueillir jusqu’à un million d’ouvrages et dotée d’un laboratoire de restauration des manuscrits, a multiplié ces dernières années les opérations de collecte de fonds patrimoniaux privés. La bibliothèque personnelle du cheikh Abdelhamid Benbadis avait ainsi été remise à titre de wakf à Djamaâ El-Djazaïr en avril 2024, suivie quelques mois plus tard des collections de Slimane Essayd, comptant plus de treize mille manuscrits, et de Hassan Mouhoubi. Fort de cette expérience, le recteur a lancé, au terme de son allocution, un appel aux oulémas, aux familles algériennes, aux zaouïas, aux détenteurs de fonds manuscrits privés ainsi qu’à toute personne possédant un ou plusieurs manuscrits, les invitant à les confier à Djamaâ El-Djazaïr. Les documents remis y bénéficieront, a-t-il assuré, d’une attention scientifique, d’une conservation technique, d’un catalogage, d’une numérisation et d’une mise à la disposition des chercheurs.
Les intervenants ayant pris part à la conférence ont, de leur côté, abordé plusieurs thématiques liées à la valeur scientifique et patrimoniale des manuscrits du fiqh malékite, avant que les travaux ne se referment sur une réaffirmation collective de l’importance de poursuivre les efforts de valorisation de ce fonds documentaire, considéré comme une composante essentielle de la mémoire nationale et du patrimoine islamique et humain.
M.S.

