« Rencontre nationale sur la musique classique algérienne » : Sauvegarde, transmission et valorisation en question
La sauvegarde, la transmission et la valorisation de la musique classique algérienne ont occupé le devant de la scène, lundi à Alger, à l’occasion d’un colloque tenu au Palais de la Culture Moufdi-Zakaria, en prélude à la « Rencontre nationale sur la musique classique algérienne » attendue avant la fin de l’année. Organisé sous le haut patronage de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, et conçu par l’auteur, musicien et chercheur en patrimoine Abdelkader Bendamache, ce rendez-vous scientifique s’est tenu dans le cadre du 12e Festival culturel national de la musique andalouse « Sanâa ». Universitaires, chercheurs et maîtres de la musique andalouse s’y sont retrouvés pour, selon leurs mots unanimes, « jeter les bases d’une stratégie de sauvegarde et de valorisation du patrimoine musical algérien ». Dans son allocution d’ouverture, le commissaire du festival, Ahcène Ghida, a situé l’enjeu de ces travaux, expliquant qu’ils devaient « alimenter une réflexion collective sur les mécanismes de sauvegarde de ce patrimoine musical ancestral, sa transmission aux nouvelles générations et l’élaboration d’outils scientifiques de référence, susceptibles de valoriser cette musique savante et assurer sa pérennité ». Le premier panel s’est ouvert sur une intervention de la musicologue Fazilet Diff, qui a interrogé les fondements de la transmission de ce patrimoine en examinant les défis du passage d’une tradition orale à un patrimoine codifié. Le docteur Mohamed Saadaoui a ensuite abordé les enjeux de l’enseignement musical et la création d’ateliers d’apprentissage au sein des associations culturelles, avant que le maître formateur Salah Boukli Hacène, de Tlemcen, ne dresse un état des lieux de la terminologie propre à l’école musicale de sa ville.
Animé par Mohamed Belarbi, Salim El Hassar et Youcef Touaïbia, le deuxième panel s’est penché sur le rapport de ce patrimoine à la science, mettant en avant le rôle des maîtres dans sa sauvegarde, les conditions d’un référentiel scientifique unifié consacré à la musique andalouse, ainsi que l’intérêt d’étudier les autres noubas maghrébines dans une démarche globale de préservation. Le troisième et dernier panel, consacré aux défis contemporains du secteur et conduit par le compositeur Talal Chaker Kacimi El Hassani ainsi que les chercheurs Hafid Mouats et Mohamed Said Zerouala, a porté sur l’analyse des mutations des poèmes chantés, de leur transmission et de leur adaptation à l’époque actuelle. Les intervenants ont formulé plusieurs propositions destinées à redynamiser ce legs et à en prévenir les risques de disparition.
Revenant en clôture sur la portée de la journée, M. Bendamache a rappelé que ce colloque s’inscrivait dans la préparation de la Rencontre nationale sur la musique classique algérienne, prévue avant la fin de l’année. « A travers ce colloque, les organisateurs ambitionnent de jeter les bases d’une réflexion nationale durable sur la sauvegarde, la documentation, la transmission et la valorisation de la musique classique algérienne », a-t-il souligné, qualifiant cette dernière d’« une des expressions majeures du patrimoine culturel immatériel algérien ».
R.C.

