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Moyen-Orient : Trump acte la fin du cessez-le-feu

Le président américain Donald Trump a déclaré, mercredi, que le protocole d’accord conclu avec l’Iran pour mettre fin à la guerre entre les deux pays était désormais caduc, alors que de nouveaux bombardements ont visé le territoire iranien dans la nuit de mardi à mercredi, dans un contexte de vive tension régionale marqué par la tenue du sommet de l’OTAN à Ankara, en Turquie.

S’exprimant en marge de ce sommet, le président américain a estimé que l’accord signé le 17 juin dernier n’avait plus lieu d’être. « Pour moi, c’est terminé. Je ne veux plus traiter avec eux », a-t-il affirmé, ajoutant que toute nouvelle négociation avec Téhéran constituerait, selon ses termes, une perte de temps. Il a par ailleurs averti que de nouvelles frappes américaines pourraient viser l’Iran dès la soirée de mercredi, évoquant des cibles plus profondes sur le territoire iranien. Cette annonce intervient au lendemain d’une nuit de bombardements américains ayant visé, selon Washington, plus de 80 cibles en Iran, en riposte à des tirs iraniens contre des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a indiqué que les frappes avaient notamment touché des systèmes de défense antiaérienne, des réseaux de commandement et des sites radars, précisant que de nouvelles opérations pourraient être menées « plus en profondeur » si le président américain en donnait l’ordre.

De son côté, l’armée iranienne a revendiqué des frappes contre le Bahreïn, pays du Golfe abritant une base militaire américaine, les présentant comme une réponse aux bombardements américains et à ce que Téhéran considère comme une violation de l’accord du 17 juin. Des explosions ont également été rapportées par les médias iraniens dans les ports de Sirik et Bandar Abbas, ainsi qu’à Bouchehr, sans que davantage de détails ne soient communiqués. L’état-major iranien a par ailleurs averti que tout site apportant un soutien aux opérations américaines serait désormais considéré comme une cible légitime pour ses forces armées. Cette escalade militaire survient alors que se poursuivent, à Téhéran, les funérailles du Guide suprême iranien Ali Khamenei, entamées le 4 juillet et devant se dérouler sur six jours, pour lesquelles les autorités iraniennes attendent plusieurs millions de participants.

Face à cette reprise des hostilités, plusieurs dirigeants réunis à Ankara ont appelé à la retenue. Le président français Emmanuel Macron a estimé que les discussions entre Washington et Téhéran devaient se poursuivre « avec beaucoup de calme, de sang-froid et de patience », tout en reprochant à l’Iran d’avoir procédé à des frappes contrevenant à l’accord qu’il avait lui-même signé. Le chancelier allemand Friedrich Merz a, pour sa part, plaidé pour la conclusion d’un accord durable entre les deux parties. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a quant à lui appelé les deux camps à revenir au cessez-le-feu et à rouvrir le détroit d’Ormuz, mettant en garde contre une hausse des factures énergétiques si la situation venait à perdurer.

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a de son côté jugé les opérations militaires américaines « absolument nécessaires », insistant sur la nécessité que l’Iran ne dispose jamais de capacité nucléaire et que la liberté de navigation soit rétablie dans le détroit d’Ormuz. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé rester « optimiste mais prudent » quant à une issue diplomatique, tout en mettant en garde contre toute nouvelle provocation.

Sur le plan diplomatique, la Chine a appelé les deux parties à mettre en œuvre le mémorandum déjà signé et à privilégier le dialogue, estimant qu’aucune des parties n’avait intérêt à une reprise des hostilités. Le Qatar, engagé dans la médiation entre Washington et Téhéran, a de son côté condamné les frappes iraniennes contre le Bahreïn et le Koweït, appelant à préserver les acquis obtenus depuis la signature de l’accord. L’Union européenne a également exprimé sa préoccupation, sa cheffe de la diplomatie Kaja Kallas qualifiant d’inacceptables les frappes iraniennes contre ces deux pays du Golfe.

Les cours du baril grimpent

Cette nouvelle escalade a par ailleurs eu des répercussions économiques immédiates. Les cours du pétrole ont fortement progressé mercredi, le baril de brent dépassant les 80 dollars, un niveau inédit depuis plus de deux semaines, tandis que les principales places boursières européennes et américaines ont terminé la séance en net repli. Sur le terrain humanitaire, l’Organisation maritime internationale a fait état d’environ 6.000 marins toujours bloqués dans le Golfe à bord de navires ne pouvant quitter la zone en toute sécurité, une situation que l’agence onusienne juge de plus en plus préoccupante à mesure que les tensions s’intensifient dans cette région stratégique pour le transport maritime mondial.

Lyes Saïdi

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