Gaz naturel : L’Algérie consolide son leadership en Espagne
L’Algérie s’est imposée comme le principal fournisseur de gaz naturel de l’Espagne au premier semestre 2026, concentrant près de 34% des importations du pays ibérique entre janvier et juin, devançant les États-Unis et la Russie. Cette performance, rapportée par la presse économique espagnole citant les données du gestionnaire de réseau Enagás, confirme la solidité du partenariat énergétique liant Alger à Madrid, dans un contexte marqué par la recomposition des circuits d’approvisionnement européens.
Selon les chiffres relayés par le média espagnol elEconomista, l’Algérie a repris en juin la tête du classement mensuel des fournisseurs de gaz de l’Espagne, avec un volume de 10 460 gigawattheures (GWh), soit 40,3% de l’ensemble des approvisionnements du système gazier espagnol sur le mois. Cette performance s’explique principalement par la vigueur des flux transitant par le gazoduc Medgaz, via l’interconnexion d’Almería, qui ont progressé de 26,5% par rapport à juin 2025, pour atteindre près de 9 978 GWh. Sur l’ensemble du premier semestre, les entrées de gaz algérien par cette voie ont enregistré une hausse cumulée de 13,2%, à 59 635 GWh.
Sur l’ensemble de la période janvier-juin, le gaz algérien totalise 64 230 GWh, soit 33,9% du total importé par l’Espagne, plaçant l’Algérie loin devant les États-Unis, deuxième fournisseur avec 29,4% des volumes acheminés sous forme de GNL, et devant la Russie, troisième avec 19,7%. La presse espagnole souligne que l’Algérie demeure, historiquement, la première origine du gaz consommé en Espagne, une position qu’elle a consolidée malgré un recul ponctuel des livraisons de GNL au profit d’un accroissement des flux par gazoduc.
Les données relayées par la presse espagnole font état d’un système gazier espagnol approvisionné, sur l’ensemble de l’année, par treize pays différents, parmi lesquels le Nigeria, l’Angola, la France, le Portugal, le Congo, le Cameroun, la Mauritanie, la Guinée équatoriale, le Sénégal et le Mexique, sans aucune entrée en provenance du Moyen-Orient, région toujours affectée par les répercussions du conflit avec l’Iran. Les médias économiques espagnols relèvent toutefois une concentration croissante des approvisionnements avec l’Algérie en tête, Russie, États-Unis et Nigeria ont fourni conjointement 85,1% du gaz reçu par l’Espagne en juin, contre 77,8% un an plus tôt, l’Algérie et la Russie représentant à elles seules 61,4% du total mensuel.
Le poids croissant du gazoduc face au GNL
Cette évolution s’est accompagnée d’un rééquilibrage de la structure des approvisionnements espagnols au profit du gaz acheminé par gazoduc, qui a représenté 49,3% des entrées en juin, contre 31,4% un an auparavant, au détriment du gaz naturel liquéfié, dont la part est tombée de 68,6% à 50,7%. Une bascule qui profite directement à l’Algérie, dont l’essentiel des volumes transite par Medgaz. Ces chiffres interviennent alors que la demande gazière espagnole a reculé de 6,7% en juin, à 23 840 GWh, tirée à la baisse par un repli de 12,9% de la consommation destinée à la production électrique. Une conjoncture qui n’a pas empêché l’Algérie de renforcer sa position de partenaire énergétique de référence pour l’Espagne, dans un marché européen où la sécurisation des approvisionnements demeure une priorité stratégique. Samira Ghrib

