Nouveau jalon pour faire d’Alger un hub africain : Alger et Maputo scellent un accord sur les services aériens
L’Algérie et le Mozambique ont conclu, lundi à Alger, un accord intergouvernemental relatif aux services de transport aérien, à l’issue d’une audience accordée par le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, au ministre mozambicain des Transports et de la Logistique, Joao Matlombe, en visite de travail dans la capitale.
Ce texte, dont la signature couronne une rencontre bilatérale consacrée au renforcement de la coopération dans le secteur des transports, vise à « concrétiser la volonté commune des deux pays de renforcer leur coopération bilatérale et de développer leur partenariat dans le domaine du transport aérien ». Il ouvre la voie à l’établissement de liaisons directes entre les deux pays, dans un contexte où Air Algérie a précisément inscrit Maputo parmi les capitales africaines vers lesquelles elle prévoit d’ouvrir une ligne régulière.
Lors des entretiens, les deux parties ont passé en revue les perspectives de développement de leur coopération dans l’ensemble des modes de transport, terrestre, maritime, aérien et ferroviaire, et échangé sur les questions d’intérêt commun. M. Sayoud a mis en avant la « dynamique » que connaît le secteur des transports en Algérie, « grâce à l’intérêt particulier qu’accorde le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, à ce secteur stratégique », citant notamment les grands chantiers ferroviaires à l’image de la ligne minière de l’Ouest reliant Gara Djebilet à Béchar et Oran, la ligne minière de l’Est et le projet Alger-Tamanrasset, ainsi que le renforcement de la flotte d’Air Algérie par de nouveaux appareils. Sayoud a proposé à son homologue un partage d’expertise, notamment en matière de formation des ressources humaines, « à même de contribuer au développement du secteur des transports et de la logistique et de concrétiser un partenariat fructueux mutuellement bénéfique pour les deux pays ». De son côté, le ministre mozambicain a salué les réalisations algériennes et réaffirmé l’attachement de son pays à « renforcer la coopération bilatérale, au mieux des intérêts communs des deux pays ».
Alger, plateforme entre trois continents
Cet accord s’inscrit dans une stratégie plus large de densification du réseau aérien algérien vers l’Afrique. Air Algérie a déjà inauguré, fin juin, sa liaison directe Alger-Luanda vers l’Angola, ainsi qu’une desserte vers Libreville au Gabon avec escale à Douala, lancée le 16 juin. La compagnie nationale prévoit à partir de la saison hivernale, en octobre, l’ouverture de quatre nouvelles lignes vers Brazzaville, Conakry, Lagos (couplée à Abuja) et la relance de Tripoli, tout en séparant les dessertes de Douala et Libreville, jusque-là assurées sur un même itinéraire triangulaire, dans une expansion qui inclut également le Koweït. Accra, au Ghana, figure aussi parmi les projets à l’étude, aux côtés de Maputo et Lagos.
Ce déploiement s’appuie sur un renouvellement conséquent de la flotte. Air Algérie a déjà réceptionné cinq Airbus A330-900neo et doit encore en recevoir cinq autres, tandis qu’à partir de ce mois de juillet, la compagnie commencera à intégrer les premiers des dix Boeing 737 MAX 8 et huit Boeing 737 MAX 9 commandés. La compagnie a d’ailleurs réceptionné samedi le premier de ces appareils. Le programme dépasse le seul continent africain, avec des ouvertures annoncées vers Shanghai et New Delhi en Asie à partir d’octobre, après le lancement des vols vers Guangzhou et Kuala Lumpur, ainsi que vers Varsovie en Europe.
L’aéroport Houari-Boumediène, qui a franchi la barre des 10 millions de passagers en 2025 avec une projection au-delà de 11 millions cette année, engage en parallèle des travaux de modernisation, enregistrement automatisé, parcours biométriques, extension du terminal dédié aux compagnies low-cost,pour accompagner cette montée en puissance.
Salim Amokrane

