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Le pétrole s’envole, l’Opep revoit La demande à la baisse : La crise au Moyen-Orient rebat les cartes du marché mondial

Les cours du pétrole se sont brutalement envolés lundi après que le président américain Donald Trump a annoncé l’instauration d’une taxe sur les navires transitant par le détroit d’Ormuz et le rétablissement d’un blocus naval visant l’Iran, tandis que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) publiait, le même jour, une nouvelle révision à la baisse de ses prévisions de croissance de la demande mondiale pour 2026, conséquence directe des turbulences provoquées par la guerre au Moyen-Orient.

Vers 14H55 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, gagnait 4,35% à 79,32 dollars, tandis que le baril de West Texas Intermediate progressait de 4,41% à 74,56 dollars. Les deux références s’étaient même brièvement envolées de plus de 5% en cours de séance. Cette flambée fait suite à une annonce spectaculaire de Donald Trump sur son réseau Truth Social, où il a affirmé que les Etats-Unis seraient désormais « connus sous le nom de GARDIENS DU DETROIT D’ORMUZ » et percevraient, « par souci d’équité », une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons transitant par ce passage stratégique. « La mise en place de ce dispositif débutera immédiatement », a-t-il précisé, avant d’annoncer le rétablissement du « BLOCUS DE L’Iran », un dispositif qu’il décrit comme visant exclusivement les navires et clients iraniens, tous les autres pays devant bénéficier d’un « accès libre et équitable » au détroit. Téhéran avait pourtant averti, quelques heures plus tôt, qu’il ne laisserait pas Washington s’ingérer dans la gestion de cette voie maritime vitale pour le commerce mondial des hydrocarbures.

Cette escalade verbale intervient après un week-end de tensions extrêmes. L’Iran a annoncé une nouvelle fermeture du détroit d’Ormuz « jusqu’à nouvel ordre », accompagnée de frappes d’une ampleur inédite depuis le cessez-le-feu du 8 avril. Les Etats-Unis ont de leur côté bombardé le territoire iranien dans la nuit de dimanche à lundi, Téhéran affirmant avoir riposté en visant des bases militaires du Golfe utilisées par l’armée américaine. Pour Vivek Dhar, analyste chez CBA interrogé par l’AFP, « cette recrudescence des hostilités a désormais explicitement fait naître des doutes sur le maintien de l’ouverture du détroit d’Ormuz au trafic maritime ». Les prix s’étaient toutefois modérés en cours de journée, les marchés accordant peu de crédit aux déclarations iraniennes sur une fermeture effective, une version que l’armée américaine avait contestée dès dimanche.

Troisième révision à la baisse pour l’Opep en 2026

Dans ce climat d’incertitude, l’Opep a publié lundi son rapport mensuel de juillet, abaissant une nouvelle fois sa prévision de croissance de la demande mondiale de pétrole pour 2026 à 800 000 barils par jour, contre un million de barils anticipés le mois précédent. Il s’agit de la troisième révision à la baisse consécutive de cette projection, la croissance de la demande étant initialement attendue à 1,4 million de barils par jour en avril, pour une demande totale alors estimée à 106,53 millions de barils par jour. La demande totale anticipée par l’organisation pour 2026 s’établit désormais à 105,94 millions de barils par jour.

Ce recul s’explique par la chute brutale de l’approvisionnement en provenance du Golfe et la flambée mondiale des prix du brut, déclenchées par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran lancée le 28 février, puis aggravées par le blocage du détroit d’Ormuz par Téhéran et les frappes visant les infrastructures pétrogazières régionales.

A contrepied de cette tendance, l’Opep a en revanche relevé sa prévision de croissance de la demande pour 2027, désormais évaluée à 1,9 million de barils par jour, soit 200 000 barils supplémentaires par rapport à l’estimation de juin. La demande totale attendue pour 2027 atteint ainsi 107,9 millions de barils par jour. L’organisation, qui réévalue chaque mois ses perspectives selon la conjoncture économique mondiale, regroupe désormais 11 pays producteurs emmenés par l’Arabie saoudite, depuis le retrait effectif des Emirats arabes unis début mai. L’alliance élargie Opep+ compte pour sa part dix Etats supplémentaires, sous la conduite de la Russie.

Vendredi, l’Agence internationale de l’énergie avait de son côté anticipé une baisse de la demande mondiale légèrement moins marquée qu’estimé le mois précédent, évoquant une reprise en cours après un point bas atteint en mai, un rebond qu’elle attribuait en partie à la reprise partielle du trafic dans le détroit d’Ormuz après le cessez-le-feu du 17 juin. Depuis, ce trafic a toutefois de nouveau nettement ralenti, notamment sur la route maritime omanaise soutenue par l’ONU, sous l’effet des nouvelles attaques et de la reprise des échanges de frappes entre Téhéran et Washington.

Sabrina Aziouez

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