Ouverture à Alger de la première édition du Festival algéro-africain du théâtre universitaire
Un continent rassemblé sur les planches
La première édition du Festival algéro-africain du théâtre universitaire s’est ouverte lundi à Alger, réunissant jusqu’au 20 juillet des délégations universitaires venues de 16 pays africains autour d’une programmation dédiée à l’art dramatique estudiantin, dans le cadre d’une manifestation organisée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique en coordination avec le ministère de la Culture et des Arts. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée au Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi (TNA), sous la présidence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari. Il était entouré, pour l’occasion, du directeur général Afrique au ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Boualem Chebihi, ainsi que de la secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères chargée des Affaires africaines, Selma Bakhta Mansouri. Plusieurs ambassadeurs accrédités en Algérie, des directeurs d’instituts et d’universités algériens, des étudiants et les délégations participantes ont également pris part à cette soirée inaugurale.
Placée sous le slogan « L’Afrique se rencontre sur la scène du théâtre universitaire », cette première édition propose une programmation dense mêlant pièces en compétition officielle, spectacles hors compétition et représentations de théâtre de rue. Des établissements universitaires issus de 16 pays du continent y prennent part, parmi lesquels la Mauritanie, le Mozambique, la Tunisie et le Sahara occidental, confirmant la vocation continentale que les organisateurs entendent donner à ce rendez-vous naissant.
Au-delà des représentations scéniques, le commissariat du Festival a mis en place un concours universitaire africain du « meilleur texte théâtral », destiné à encourager l’écriture dramaturgique chez les jeunes créateurs du continent. Cette compétition sera accompagnée d’un colloque international consacré au théâtre africain, organisé par l’Université d’Alger 2, qui doit permettre aux chercheurs et praticiens participants de croiser leurs regards sur les enjeux esthétiques et identitaires de cet art sur le continent.
Selon les organisateurs, ce Festival vise à « unir la jeunesse africaine qui croit au théâtre en tant qu’art rassemblant la diversité et la richesse du continent au sein de l’Université en tant qu’incubateur de la créativité de la jeunesse africaine ». Une ambition qui dépasse le seul cadre artistique : cet événement culturel est présenté comme le reflet de « la détermination de l’Algérie à consacrer sa dimension africaine à travers le théâtre universitaire, en ouvrant une fenêtre sur le patrimoine culturel, artistique et littéraire africain, et en offrant une opportunité d’échange entre les jeunes universitaires talentueux et créatifs du continent ».
Les autorités affichent ainsi la volonté de conjuguer diplomatie culturelle et politique universitaire, dans un contexte où Alger multiplie les initiatives visant à consolider ses liens avec le continent africain, tant sur le plan institutionnel qu’estudiantin. La présence, aux côtés du ministre de l’Enseignement supérieur, de hauts responsables du ministère des Affaires étrangères en charge des dossiers africains illustre du reste la dimension diplomatique que revêt cette manifestation, conçue comme un espace de rencontre entre les jeunesses universitaires du continent.
Durant une semaine, la scène du TNA et d’autres espaces dédiés au théâtre de rue accueilleront ainsi les troupes universitaires africaines, appelées à se mesurer dans un esprit de compétition mais aussi d’échange, avant que ne soient dévoilés, au terme du Festival, le palmarès de la compétition officielle ainsi que le lauréat du concours du meilleur texte théâtral. Les organisateurs espèrent faire de cette première édition le point de départ d’un rendez-vous annuel appelé à s’installer durablement dans le paysage culturel et universitaire algéro-africain.
Mohand S.

