FAO : La faim dans le monde résiste
Quelque 645 millions de personnes ont souffert de la faim l’an dernier, soit 7,8% de la population mondiale, une légère amélioration qui risque de se heurter cette année aux chocs de la guerre au Moyen-Orient et du climat, estime mardi la FAO. La situation est particulièrement critique en Afrique, où 20% de la population est sujette à une sous-alimentation – c’est-à-dire un manque chronique de calories -, indique ce rapport annuel. Globalement, la crise économique post-Covid a plongé dans la faim des millions de personnes supplémentaires: 688 millions d’êtres d’humains étaient concernés en 2022. Depuis, la situation s’est redressée, sans retrouver toutefois les niveaux de 2019, selon l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture, agence de l’ONU. En 2030, l’ONU projette entre 510 et 520 millions de personnes sous-nourries, dont plus de la moitié en Afrique. « Le centre de gravité de la faim s’est déplacé de l’Asie jusqu’en Afrique », décrit aux médias David Laborde, directeur de la division économie agroalimentaire à la FAO. Les chocs climatiques de plus en plus sévères sont ressentis particulièrement durement en Afrique. « Des conflits comme le Soudan, ce qui se passe dans la région sahélienne, en République démocratique du Congo (RDC), pèsent aussi lourdement sur des gens qui ne peuvent avoir accès à leur terre ou n’ont plus de revenus », poursuit M. Laborde. Quant à la crise économique post-Covid, « on a commencé à récupérer, mais moins vite qu’on ne le pensait », dit-il.
Selon ce rapport, 2,69 milliards de personnes – près d’une personne sur trois – ne peuvent s’offrir une alimentation saine, les coûts ayant crû de 25% en cinq ans. L’obésité chez les adultes continue elle de croître, à 16,2% de la population en 2024 (et 18,6% projetés en 2030). Cette année des événements, dont la guerre au Moyen-Orient, « menacent de saper les progrès » en Afrique et en Asie, alerte le rapport. La FAO se dit aussi « vigilante » quant à l’impact du phénomène océanique El Nino sur les récoltes, en Inde, en Afrique ou dans le « corridor sec » de l’Amérique du Sud, déjà très vulnérables face à l’insécurité alimentaire.
APS

