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Dossier médical électronique : Lancement de la formation de 200 premiers artisans de la santé numérique

Plus de 200 formateurs répartis dans dix wilayas pilotes ont entamé, samedi à Alger, la première semaine de formation au système national de dossier médical électronique (DME), un projet stratégique de numérisation censé transformer en profondeur la prise en charge des patients à travers le pays, a annoncé dimanche le ministère de la Santé. L’ouverture de cette session, organisée à l’Institut national de formation supérieure paramédicale (INFSPM), a été présidée par le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Ait Messaoudene, qui a présenté cet événement comme « le lancement effectif d’un projet national stratégique s’inscrivant dans le processus de modernisation du système national de santé et de concrétisation de la transformation numérique ». Selon lui, le futur dossier médical électronique constitue « une avancée qualitative vers l’amélioration de la qualité des services de santé, le renforcement de l’efficacité de la gestion et la mise à disposition d’outils précis pour la prise de décision ».

Le contingent de formateurs mobilisé pour cette première phase se compose de 40 médecins, 40 paramédicaux, 80 ingénieurs en informatique et 40 administrateurs, sélectionnés dans dix wilayas pilotes. « Ils seront chargés de transmettre les connaissances et les compétences aux différentes structures de santé, afin d’assurer un déploiement progressif et efficace du système », a précisé le ministre, dessinant ainsi une stratégie de diffusion en cascade censée irriguer progressivement l’ensemble du territoire national.

L’ambition du ministère ne se limite pas à ces dix wilayas pionnières. Le système DME a vocation à être généralisé à l’ensemble des 69 wilayas du pays et déployé dans plus de 2 500 structures de santé, un chantier d’une ampleur inédite qui nécessitera, selon Ait Messaoudene, « la mobilisation de l’ensemble des acteurs du secteur pour assurer le succès de ce chantier national stratégique ».

Le ministre a par ailleurs insisté sur la dimension souveraine de ce projet, rappelant que le système a été entièrement conçu et développé en interne, par les ingénieurs et cadres de la Direction des systèmes d’information et de l’informatique du ministère de la Santé. Une paternité qui, selon lui, illustre le niveau des compétences nationales dans la conception de solutions numériques avancées et traduit la volonté de l’État de s’appuyer sur l’expertise algérienne pour mener à bien ses grands projets, plutôt que de recourir à des solutions importées. Pour le premier responsable du secteur, cette transformation numérique n’est plus une option mais « une nécessité incontournable pour le développement des systèmes de santé ». Il a souligné que l’Algérie « s’est engagée de manière effective dans cette démarche, à travers le lancement du déploiement du système de DME dans les différentes wilayas du pays, en phase avec les évolutions mondiales dans le domaine de la santé numérique », inscrivant ainsi l’initiative dans la dynamique internationale de digitalisation des parcours de soins. À terme, le dossier médical électronique doit permettre de centraliser l’historique clinique des patients, de fluidifier la communication entre praticiens et structures sanitaires, et de fournir aux gestionnaires des données fiables pour piloter l’offre de soins. Un chantier dont la réussite dépendra, de l’aveu même du ministre, de la capacité du secteur à former, structure par structure, les femmes et les hommes appelés à le faire vivre au quotidien.

Lyna Larbi

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