Maladies chroniques : Préparer la riposte face à un « défi mondial »
Tabac, mauvaise alimentation, sédentarité, les maladies non transmissibles tuent chaque année davantage et l’Algérie entend structurer sa riposte. Le ministère de la Santé a réuni lundi à Alger spécialistes nationaux et représentants des Nations unies pour lancer les travaux d’élaboration du deuxième Plan national stratégique multisectoriel de prévention et de lutte contre les maladies non transmissibles (MNT), un chantier présenté comme prioritaire pour le secteur sur la période 2026-2029. Dans une allocution lue en son nom par son chef de cabinet, Khalil Reda Hadj Mati, le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Ait Messaoudene, a d’emblée situé l’enjeu à l’échelle planétaire. Il a estimé qu’« au vu de la hausse des taux de morbidité et de mortalité qu’elles engendrent, les MNT constituent un défi mondial nécessitant la mobilisation de la communauté internationale pour l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan d’action pour lutter contre ces maladies ». Le ministre a ainsi rappelé « l’attachement de l’Algérie, partant de ses engagements internationaux, à garantir et à promouvoir la santé des citoyens », précisant que le secteur a accordé, dans le cadre de son programme d’action 2026-2029, « une importance particulière… à la prévention des MNT, notamment à travers l’élaboration d’un plan d’action national multisectoriel de lutte contre leurs facteurs de risque ». Le mot est lâché : multisectoriel. Car pour Ait Messaoudene, la santé seule ne peut gagner cette bataille. Il a insisté sur le fait que la lutte contre ces maladies et leurs facteurs de risque « exige non seulement d’investir dans la prévention, mais aussi d’adopter une approche multisectorielle », ajoutant que « la réussite du plan reste tributaire de l’implication des différents acteurs des départements ministériels, du secteur privé et de la société civile ».
Concrètement, cette orientation repose sur « la mise en œuvre d’interventions préventives, dont l’efficacité et le faible coût ont été démontrés », ainsi que sur « le renforcement de l’éducation sanitaire et la promotion de modes de vie sains afin de réduire le fardeau de la morbidité et de la mortalité, aggravé par plusieurs facteurs, notamment le tabagisme, la mauvaise alimentation et la sédentarité », a détaillé le ministre. Le plan ambitionne également de « permettre aux citoyens de bénéficier des services de dépistage précoce et d’une prise en charge médicale, malgré les coûts élevés qu’impliquent ces services », le ministre mettant en avant à ce titre « les efforts consentis par l’Etat en matière d’investissement dans les ressources humaines et les infrastructures de santé, ainsi que leur équipement, afin de garantir un accès généralisé à celles-ci ».
Cette dynamique nationale a été saluée par les partenaires internationaux présents. Le représentant de l’Organisation mondiale de la santé en Algérie, Phanuel Habimana, a salué les efforts du pays, soulignant qu’il compte parmi « les premiers pays d’Afrique à avoir adopté un plan stratégique de lutte contre les facteurs de risque de ces maladies ». Une reconnaissance qui place l’Algérie en position pionnière sur le continent en matière de politique de prévention. De son côté, la Coordonnatrice résidente des Nations unies en Algérie, l’ambassadrice Savina Claudia Ammassari, a rappelé que l’aggravation des effets des maladies non transmissibles et la hausse de la mortalité qu’elles provoquent nécessitent la conjugaison des efforts de l’ensemble des acteurs concernés. Elle a estimé que la stratégie de l’Etat algérien « traduit une volonté politique plaçant la santé au cœur des politiques publiques », saluant par ailleurs « les progrès remarquables réalisés par l’Algérie dans le domaine des soins de santé et de la prise en charge médicale ».
Chokri Hafed

