Économie

Opep+: Vers une suspension des hausses de production après septembre

Les pays membres de l’OPEP+ s’orienteraient vers une pause de trois mois dans la remontée de leur production pétrolière à partir d’octobre, une fois achevé le retour programmé des barils suspendus depuis 2023, et alors que s’annoncent des négociations délicates sur la répartition des futurs quotas, ont indiqué plusieurs sources proches du dossier à Reuters.

Cette pause laisserait subsister environ 2 millions de barils par jour de réductions collectives au-delà de septembre, le temps que le groupe tranche sur la distribution de l’offre supplémentaire entre ses membres. Le débat s’annonce d’autant plus complexe que des revendications concurrentes en faveur de quotas plus élevés se heurtent aux perturbations engendrées par la guerre en Iran, laquelle a fortement réduit la capacité de production disponible du groupe. « En ce qui concerne les niveaux de production futurs, beaucoup de choses dépendent de l’évolution du conflit au Moyen-Orient », a expliqué Giovanni Staunovo, analyste chez UBS, cité par Reuters. Il a ajouté que le groupe est engagé dans un processus de fixation des niveaux de capacité de production maximale durable pour l’ensemble de ses membres, un exercice appelé à servir de base aux futurs ajustements.

Sept membres clés de l’OPEP+, l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, le Koweït, l’Algérie, le Kazakhstan et Oman, doivent se réunir dimanche prochain. Selon des sources de l’OPEP+ citées par Reuters la semaine dernière, ce groupe devrait relever son objectif de production d’environ 188.000 barils par jour pour septembre, un niveau identique à celui appliqué en juin, juillet et août.

Cette hausse de septembre viendrait clore le démantèlement progressif d’une réduction volontaire de 1,65 million de barils par jour, décidée initialement en 2023, à une époque où le groupe comptait encore les Émirats arabes unis, sortis de l’OPEP en mai dernier. Les relèvements de quotas décidés cette année sont toutefois restés en grande partie théoriques, la guerre israélo-américaine contre l’Iran ayant contraint les producteurs du Golfe à réduire leurs exportations. « Il n’y aura plus aucun changement pour le reste de l’année », a affirmé à Reuters l’une des quatre sources ayant connaissance du dossier. « Les niveaux de production actuels seront maintenus jusqu’à l’entrée en vigueur des nouveaux quotas en janvier 2027. » Toutes les sources ont requis l’anonymat et précisé qu’aucune décision définitive n’avait encore été arrêtée.

La politique de production de l’OPEP+ pour 2027 devrait être façonnée par plusieurs facteurs, tant internes qu’externes. Le groupe conserve en effet un dernier palier de réductions jusqu’à fin 2026, portant sur environ 2 millions de barils par jour et remontant à 2022, applicable à la majorité des membres. Par ailleurs, l’OPEP+ mène actuellement un audit des capacités de production de ses membres, destiné à établir les références de base pour 2027, sur lesquelles seront calculés les futurs quotas. Le groupe doit attendre les conclusions de cet audit avant de fixer sa trajectoire, a précisé l’une des sources.

Dans le même temps, certains membres, dont l’Irak, plaident pour des quotas individuels revus à la hausse, en cohérence avec leurs capacités réelles. Enfin, les perspectives du marché pétrolier pour 2027 pèseront également dans la balance. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) anticipe un excédent significatif de l’offre, dont l’ampleur dépendra notamment de la reprise ou non des flux via le détroit d’Ormuz.

Samira Ghrib

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