Après deux scrutins annulés et plusieurs mois de blocage : Me Abdellah Hamoud élu à la tête de l’UNOA
L’Union nationale des ordres des avocats (UNOA) a enfin tourné la page d’une crise institutionnelle inédite. Réunie le 1er août 2026 au siège de la Cour suprême à El Biar, l’Assemblée générale élective de l’organisation a porté le bâtonnier de Blida, Me Abdellah Hamoud, à sa présidence, avec 17 voix des bâtonniers régionaux siégeant au conseil de l’Union. Un communiqué du ministère de la Justice a confirmé lundi ce résultat, saluant l’issue d’un processus électoral qui aura duré plus de quinze mois.
Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaa, a adressé ses félicitations au nouveau président, lui souhaitant plein succès dans l’exercice de ses fonctions au service de la profession d’avocat et du renforcement de l’État de droit.
Ce troisième scrutin clôt un feuilleton juridico-institutionnel sans précédent pour l’ordre des avocats. Rappelons que le 3 mai 2025, Me Ibrahim Taïri avait été reconduit à la présidence de l’UNOA. Son maintien au poste est immédiatement attaqué devant le Conseil d’État par les bâtonniers d’Alger, de Blida, de Tlemcen et de Boumerdès, qui reprochent au scrutin de ne pas avoir respecté l’ordre des opérations fixé par la réglementation. Selon eux, cette élection n’aurait dû intervenir qu’après le renouvellement intégral des conseils des ordres régionaux et l’épuisement des recours les concernant. La loi n° 13-07 du 29 octobre 2013, qui organise la profession d’avocat, prévoit que le président de l’Union est choisi parmi les bâtonniers en exercice pour un mandat de trois ans, renouvelable une fois. Son article 96 autorise le recours devant le Conseil d’État contre les résultats de ce scrutin et impose l’organisation d’une nouvelle élection en cas d’annulation, tandis que l’article 95 tranche les cas d’égalité de voix en faveur du candidat le plus ancien inscrit au tableau.
Saisi du litige, le Conseil d’État annule la première élection, contraignant l’UNOA à repartir de zéro. Un nouveau vote a lieu le 25 avril 2026, opposant quatre bâtonniers à savoir Mohamed Baghdadi (Alger), Abdellah Hamoud (Blida), Abdelhafid Ben Fatah (Oum El Bouaghi) et Toufik Bergham (Oran). Au premier tour, Abdellah Hamoud arrive en tête avec 10 voix contre 9 pour son principal rival, mais le second tour se solde par une égalité parfaite de 12 voix chacun. En application de la règle d’ancienneté au tableau, c’est Abdelhafid Ben Fatah qui est proclamé vainqueur. Ce dénouement ne met pourtant pas fin à la contestation. Estimant que le décompte des suffrages avait été faussé par la prise en compte erronée d’un bulletin blanc, Abdellah Hamoud saisit à son tour la haute juridiction administrative. Après examen, celle-ci annule également ce second scrutin .
Face à cette impasse, le conseil de l’Union se réunit de nouveau au siège de la Cour suprême et arrête la date du 1er août pour un troisième et décisif rendez-vous électoral. Les bâtonniers présents profitent également de cette rencontre pour évoquer les questions logistiques et institutionnelles liées à la relance du fonctionnement de l’UNOA, paralysée depuis de longs mois par ces contentieux à répétition.
Déjà arrivé en tête du premier tour en avril avant d’être finalement écarté par le jeu de la règle d’ancienneté, le bâtonnier de Blida accède cette fois pleinement à la présidence, avec le soutien de 17 des membres du conseil. Son élection referme ainsi un épisode particulièrement tourmenté pour la principale instance représentative des avocats algériens, qui devra désormais s’atteler à restaurer un fonctionnement institutionnel stable.
Hocine Fadheli

