Ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset : Le projet passe à la phase de concrétisation
Le projet de la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset franchit une nouvelle étape avec l’entrée en vigueur de la déclaration d’utilité publique des deux derniers tronçons du corridor vers l’extrême Sud. Signée le 1er août par le Premier ministre Sifi Ghrieb, cette décision ouvre la voie aux procédures foncières nécessaires à la réalisation de plus de 1 000 kilomètres de voie ferrée entre El Meniaâ, In Salah et Tamanrasset.
La liaison ferroviaire Alger-Tamanrasset se rapproche ainsi progressivement de sa concrétisation. Le décret exécutif n° 26-273, publié au Journal officiel, déclare d’utilité publique l’opération de réalisation des tronçons El Meniaâ-In Salah, sur 410 km, et In Salah-Tamanrasset, sur 676 km, soit un linéaire cumulé de 1 086 km. Le texte permet notamment à l’État d’engager les procédures foncières, y compris les expropriations pour cause d’utilité publique, sur une superficie dépassant 6 000 hectares, avec consignation préalable des crédits destinés à l’indemnisation des ayants droit. Cette étape juridique intervient après l’examen du projet de décret en Conseil de gouvernement en juin dernier et s’inscrit dans l’accélération voulue par les pouvoirs publics pour ce chantier considéré comme stratégique. Le président de la République Abdelmadjid Tebboune avait fixé, rappelons-le, à la fin de l’année 2028 l’échéance de mise en service de la liaison reliant Alger à Tamanrasset, via Laghouat, Ghardaïa, El Meniaâ et In Salah. Rappelons que le projet constitue un important outil d’aménagement du territoire et de désenclavement des régions sahariennes. La nouvelle infrastructure doit améliorer la mobilité des populations, faciliter l’acheminement des marchandises et renforcer l’attractivité des territoires traversés. Elle devrait également accompagner la dynamique d’investissement dans le Sud et offrir de nouvelles capacités logistiques aux activités agricoles, minières, industrielles et commerciales. Le corridor s’inscrit par ailleurs dans une vision plus large de repositionnement de l’Algérie comme plateforme logistique vers sa profondeur africaine. Sur le plan technique, le tronçon El Meniaâ-In Salah est conçu pour des vitesses atteignant 220 km/h pour les voyageurs et 100 km/h pour le fret. Sa réalisation nécessitera notamment 7 tunnels, 13 viaducs, 10 ouvrages ferroviaires, 28 ouvrages routiers et 420 ouvrages hydrauliques. Le segment In Salah-Tamanrasset comprendra, pour sa part, 26 viaducs, 23 ouvrages ferroviaires, 23 ouvrages routiers et 285 ouvrages hydrauliques. Les deux sections seront également dotées de gares voyageurs et de gares de croisement, ainsi que de systèmes modernes de signalisation et de télécommunications, notamment l’ERTMS-ETCS de niveau 1 et le GSM-R sur fibre optique. Ces deux tronçons viennent compléter un vaste corridor ferroviaire appelé à dépasser les 2 400 km. Au nord du Grand Sud, le segment Laghouat-Ghardaïa-El Meniaâ, long d’environ 495 km, figure parmi les portions les plus avancées, tandis que d’autres sections du réseau sont déjà exploitées ou en cours de réalisation. Avec l’entrée en vigueur de la déclaration d’utilité publique, le mégaprojet passe ainsi à une phase plus concrète de sa réalisation.
Zakia Merabet

