Hydraulique : Plus de 250 km de canalisations pour acheminer l’eau dessalée vers l’intérieur du pays
Plusieurs wilayas de l’intérieur s’apprêtent à recevoir, dans les prochains mois, l’eau produite par les nouvelles stations de dessalement du littoral ouest et centre, grâce à un vaste réseau de conduites de transfert de plus de 250 kilomètres reliant Tlemcen, Mostaganem et Chlef à leur arrière-pays. Le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a présidé lundi à Alger une réunion consacrée à l’examen des préparatifs de lancement de ces projets de raccordement en aval, appelant les équipes à « accélérer les procédures et respecter les délais contractuels », selon un communiqué du ministère. La rencontre, tenue avec des cadres de l’administration centrale, des directeurs généraux et des responsables des établissements sous tutelle, a permis de détailler la répartition géographique de ces futurs approvisionnements. La station de Tlemcen doit desservir les wilayas de Tlemcen, Sidi Bel Abbès, Saïda et Naâma. Celle de Mostaganem alimentera Mostaganem, Relizane, Tiaret et Tissemsilt. Quant à la station de Chlef, elle couvrira Chlef, Aïn Defla, Médéa et la partie orientale de Tissemsilt. Un maillage qui doit sécuriser l’alimentation en eau potable de régions parfois éloignées du littoral et historiquement dépendantes des barrages.
D’autres chantiers structurants ont été passés en revue lors de cette réunion. Le projet Fouka 2 figure parmi les avancées concrètes. Les travaux de raccordement sont achevés et les installations déjà mises en exploitation, avec, à la clé, une nette amélioration de l’approvisionnement des communes de l’est de la wilaya de Blida. À Koudiet Draouche, les opérations de lavage et de désinfection des conduites se poursuivent en vue d’une mise en service progressive, une fois les derniers travaux techniques bouclés. Le projet Koudiet Asserdoun-Cap Djinet, lui, entre dans une nouvelle phase avec le lancement des appels d’offres pour les travaux de raccordement destinés à Bouira, Tizi Ouzou, M’Sila et Médéa.
Le dossier de Tinzaouatine a également retenu l’attention des participants. Un projet d’alimentation en eau potable à partir de la nappe aquifère du Tanezrouft y a été engagé pour répondre aux besoins d’une population estimée à 32 815 habitants à l’horizon 2050, dans cette localité isolée de l’extrême sud du pays. Deux autres chantiers ont été évoqués dans les Hauts Plateaux et l’Est. Il s’agit du projet de Sétif, censé alimenter la ville d’El Eulma et les communes du nord-est de la wilaya à partir du barrage de Draâ Diss, et celui reliant Mila et Jijel, destiné à renforcer six communes de la wilaya de Mila et deux communes de Jijel grâce au barrage de Tabellout.
Le volet assainissement n’a pas été laissé de côté. De nouvelles stations et systèmes d’assainissement ont été présentés pour Blida (Bouinan), Tissemsilt et Mila, avec une insistance particulière sur l’adoption du traitement tertiaire, technique permettant la réutilisation des eaux usées traitées, notamment pour l’irrigation agricole et les besoins industriels, une piste de plus en plus scrutée face à la pression croissante sur les ressources hydriques classiques. En clôture des travaux, Lounès Bouzegza a insisté sur l’urgence de tenir les échéances fixées, mettant en avant « la nécessité d’accélérer les procédures relatives à ces projets, tout en respectant les délais contractuels et en rattrapant le retard enregistré », au regard de leur « importance stratégique pour le renforcement de la sécurité hydrique et la garantie de la continuité de l’approvisionnement en eau potable ».
Malik Meziane

