Gestion des services de l’eau : Bouzegza mise sur le numérique
Le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a effectué vendredi et samedi une tournée dans les wilayas de Saïda et de Sidi Bel-Abbès, marquée par le lancement officiel de la télégestion du service d’eau potable et l’inspection de plusieurs projets structurants, dans une région de l’Ouest algérien où la sécurité hydrique s’appuie désormais autant sur les stations de dessalement que sur la numérisation des réseaux.
C’est à Saïda que le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a donné vendredi le coup d’envoi de la technologie de télégestion du service d’alimentation en eau potable, en marge d’une visite d’inspection des projets du secteur dans la wilaya. Devant la presse, il a affirmé que « la transformation numérique dans la gestion à distance du service d’alimentation en eau potable est devenue une nécessité urgente ». Cette technologie, a-t-il expliqué, doit permettre d’améliorer le suivi des infrastructures et des réservoirs, de contrôler à distance les équipements et de détecter les dysfonctionnements pour intervenir dans des délais très courts. Pour le ministre, « l’expérience de Saïda constitue une étape concrète dans le processus de numérisation de la gestion du service de l’eau », dont la généralisation progressive aux réseaux de distribution à l’échelle nationale doit renforcer l’efficacité et la performance de la distribution d’eau potable. Il a précisé que « le système numérique permettra un contrôle précis et en temps réel des différentes données relatives aux réseaux et aux infrastructures hydrauliques », qu’il s’agisse des fuites, des pannes techniques ou du suivi des niveaux de réservoirs, facilitant ainsi la prise de décision et accélérant les interventions sur le terrain.
Bouzegza a également insisté sur le changement de logique qu’introduit cette technologie, qui doit permettre de passer « d’un mode de gestion fondé sur l’intervention après la survenue des pannes à une gestion préventive reposant sur la surveillance des indicateurs et l’analyse des données ». Selon les cadres de l’Algérienne des Eaux (ADE), qui ont présenté le dispositif, l’opération comprend des équipements de télégestion et de suivi des réservoirs et réseaux de distribution, destinés à réduire les déplacements et les interventions de terrain inutiles. Toujours à Saïda, le ministre a inspecté au niveau de la station de traitement le chantier d’un réservoir surélevé de 1 000 mètres cubes, dont les travaux ont atteint un taux d’avancement de 70 %, pour une réception prévue en octobre. Dans la daïra de Youb, il a suivi le projet de sécurisation de l’alimentation de la ville de Saïda à partir des plateaux de Doui Thabet et de Saïda, avant d’inaugurer un forage de 250 mètres au groupement d’habitations Abdelhadi et de poser la première pierre d’un ouvrage de stockage de 1 500 mètres cubes alimenté par le forage de Hassi El Abed 2.
Respect des délais des projets stratégiques
Le lendemain, samedi, la tournée s’est poursuivie à Sidi Bel-Abbès, où le ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer le rythme de réalisation des projets stratégiques et de renforcer la coordination sur les chantiers pour les livrer dans les délais impartis. Lors de l’inspection du projet structurant alimentant la wilaya à partir des stations de dessalement de Chatt El Hilal, à Aïn Témouchent, et de Cap Blanc, à Oran, il a souligné le caractère stratégique de ces infrastructures pour la politique nationale de sécurité hydrique, appelant à « une transition vers une gestion intelligente des ressources en eau », notamment par l’interconnexion des réseaux, afin de garantir la disponibilité de l’eau quelles que soient les conditions climatiques. Sur ce chantier composé de cinq sous-projets et déjà réalisé à 85 %, destiné à approvisionner 17 communes à raison de plus de 70 000 mètres cubes par jour grâce à des réservoirs totalisant 50 000 mètres cubes, Bouzegza a estimé que « ce projet revêt une importance capitale pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable et diversifier les sources d’alimentation ». Il a appelé les intervenants à renforcer la coordination et à lever les difficultés de terrain, tout en recourant aux systèmes de contrôle et de télégestion pour une gestion optimale et une intervention immédiate en cas de panne. Au siège de l’unité de l’ADE du quartier El Wiam, le ministre a supervisé la remise de deux laboratoires mobiles, de matériel technique et de motos destinés à la détection des fuites et des pannes, insistant sur l’amélioration de l’accueil des citoyens et sur la généralisation des compteurs intelligents pour lutter contre les branchements illicites et promouvoir une culture de rationalisation de la consommation. Au barrage Sarno, d’une capacité de 22 millions de mètres cubes, il a plaidé pour une exploitation rationnelle des infrastructures et le recours aux technologies modernes de traitement, afin de sécuriser durablement l’alimentation en eau potable mais aussi de mobiliser les ressources nécessaires à la relance agricole et au soutien du tissu industriel de la wilaya. À Sidi Lahcen, le ministre a inauguré un réservoir de 20 000 mètres cubes avant de poursuivre sa tournée dans l’après-midi vers la daïra de Ras El-Ma, pour le lancement d’un périmètre irrigué de 1 000 hectares alimenté par les eaux usées traitées de la station d’épuration locale, puis vers Sidi Ali Benyoub, où il devait visiter le barrage de Tabia dans le cadre de la protection de Sidi Bel-Abbès contre les inondations. La visite s’est achevée dans le chef-lieu de wilaya, autour du projet d’aménagement de l’oued Mekerra.
Chokri Hafed

