Économie

Industrie pharmaceutique : Saidal accélère la relance de ses sites constantinois

C’est par une tournée de terrain que le Groupe Saidal a choisi, samedi, de donner un nouvel élan à ses chantiers industriels dans la wilaya de Constantine. Selon un communiqué du Groupe, le directeur général, Younes Bouarara, s’est rendu au niveau des sites de production Constantine 1 et Constantine 2 pour une visite de travail et d’inspection consacrée à l’évaluation de l’état d’avancement des projets structurants inscrits au programme de développement de l’entreprise publique. Une démarche qui s’inscrit, précise le communiqué, dans le prolongement direct de sa précédente visite à l’ex-HUP Pharma, confirmant ainsi la volonté du groupe de mener de front la remise à niveau de ses différentes unités constantinoises.

L’objectif affiché de cette tournée était double, à savoir mesurer concrètement le rythme d’avancement des projets en cours et repérer les obstacles susceptibles d’en retarder l’exécution, afin d’y apporter des solutions rapides. Reçu par Cherif Sedrati, directeur du site Constantine 1, et Billel Mehiedine, directeur du site Constantine 2, M. Bouarara a présidé une réunion de travail avec les cadres et responsables des deux entités. Les discussions ont porté sur les difficultés techniques, logistiques et opérationnelles relevées sur le terrain, ainsi que sur les dispositions à prendre pour tenir les délais fixés. Le premier responsable du Groupe a insisté sur la nécessité d’intensifier la mobilisation des équipes afin que les projets structurants portés par les deux sites soient menés à terme dans les temps impartis.

Parmi les chantiers prioritaires cités figurent la production de traitements innovants à base de GLP-1, destinés à la prise en charge du diabète de type 2 et de l’obésité, la fabrication de biosimilaires issus de médicaments biologiques (MAbs), ainsi que le développement de nouvelles lignes dédiées à l’insuline et aux vaccins. Autant de projets jugés déterminants pour consolider les capacités industrielles et thérapeutiques du pays, et qui appellent, selon la direction générale, un suivi resserré et une cadence d’exécution accélérée en vue de leur mise en exploitation.

Le site HUP Pharma relancé

Cette inspection ne relève pas d’une initiative isolée. Elle s’inscrit dans la continuité d’un mouvement de fond amorcé quelques jours plus tôt avec la réactivation de l’ancien site HUP Pharma, également situé à Constantine. Après trois années d’arrêt total, cette unité industrielle a en effet commencé, sous la supervision du même Younes Bouarara et conformément aux orientations du ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, à reprendre progressivement ses lignes de fabrication. Loin d’un redémarrage uniforme, la remontée en puissance du site se fait par paliers, en tenant compte de l’état des équipements, des contraintes techniques et des besoins prioritaires du marché national. Le Groupe a fait savoir que l’effort de production serait concentré, dans un premier temps, sur les médicaments jugés sensibles pour les patients, dans le but de réduire les tensions d’approvisionnement observées sur certaines molécules. Ce redéploiement s’accompagne d’un mécanisme de transfert temporaire d’une partie de la production actuellement réalisée à Médéa vers les installations constantinoises, une manière de maintenir les volumes de fabrication pendant la phase de réorganisation, tout en redonnant une utilité industrielle à des équipements restés inactifs. Saidal mise également sur la remobilisation des travailleurs formés à l’époque de l’ancien laboratoire, dont le retour s’effectuera au fur et à mesure de l’avancement du projet, en valorisant l’expérience accumulée dans le secteur pharmaceutique.

Il faut rappeler que la fermeture de HUP Pharma, en août 2023, avait fait suite à des contrôles ayant mis en évidence des manquements aux bonnes pratiques de fabrication, conduisant l’Agence nationale des produits pharmaceutiques à exiger le retrait de certains produits pour des raisons de conformité et de contrôle qualité. L’affaire avait alors donné lieu à une controverse entre l’exploitant, qui contestait les griefs retenus contre lui, et plusieurs acteurs du secteur. Trois ans plus tard, c’est donc sous la bannière du secteur public que ce site industriel retrouve une seconde vie.

Zakia Merabet

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