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Le GPL algérien conquiert de nouveaux marchés en Asie

L’Inde accélère la diversification de ses sources d’approvisionnement en gaz de pétrole liquéfié et l’Algérie s’impose comme un partenaire de choix dans cette manœuvre stratégique.

Selon des informations rapportées jeudi par l’agence Reuters, citant trois sources commerciales proches du dossier, Indian Oil Corporation, premier raffineur du pays, a finalisé un accord avec le groupe Sonatrach portant sur l’importation de GPL algérien à partir de 2027. Cette annonce intervient dans un contexte particulier pour New Delhi. Le blocage du détroit d’Ormuz a fortement perturbé les flux énergétiques en provenance du Moyen-Orient ces derniers mois, contraignant le pays à rationner ses stocks de gaz de cuisson et à repenser en urgence sa carte des fournisseurs. L’Algérie, jusque là marginale sur ce segment, se retrouve ainsi propulsée au rang de partenaire stratégique.

D’après les sources citées par Reuters, Indian Oil s’engage à réceptionner chaque mois un très grand navire gazier chargé de 45 000 à 55 000 tonnes métriques de GPL, un mélange de propane et de butane. Une des sources précise que le raffineur indien avait autrefois entretenu un contrat à terme avec Sonatrach, avant de se tourner ces dernières années vers les fournisseurs du Golfe. Le retour vers l’Algérie s’expliquerait notamment par des prix plus avantageux que ceux pratiqués dans le cadre du contrat avec Saudi Aramco, les cargaisons devant être livrées selon des conditions franco à bord. Sollicités par Reuters, ni Indian Oil ni Sonatrach n’ont souhaité réagir.

Les livraisons de GPL algérien vers l’Inde avaient déjà démarré en juin dernier et les données préliminaires de LSEG évoquent près de 110 000 tonnes attendues pour le seul mois d’août. New Delhi ne compte toutefois pas s’arrêter là. Le pays prévoit de couvrir jusqu’à un quart de ses importations de GPL auprès des États-Unis dès 2027, un mouvement qui devrait se concrétiser par un appel d’offres commun lancé par les trois distributeurs publics indiens, Indian Oil, Hindustan Petroleum et Bharat Petroleum.

Ce virage énergétique indien fait écho à un mouvement similaire déjà observé sur un autre segment stratégique pour l’agriculture, celui des engrais azotés. Là aussi, l’Algérie a su tirer profit des mêmes tensions géopolitiques pour gagner du terrain sur le marché indien. Entre avril et juin 2026, les exportations algériennes d’urée vers l’Inde ont atteint 245 000 tonnes, alors qu’elles étaient quasiment nulles sur la même période un an plus tôt. Une progression fulgurante qui a permis à l’Algérie de se hisser parmi les principaux fournisseurs de New Delhi, juste derrière l’Égypte.

Cette dynamique confirme une tendance amorcée depuis plusieurs mois. Sur l’ensemble de l’exercice 2025 2026, l’Algérie avait déjà livré plus de 217 000 tonnes d’urée au marché indien, un volume appelé à croître si la trajectoire actuelle se maintient.

Les perturbations logistiques et sécuritaires touchant le Golfe et le détroit d’Ormuz poussent l’Inde à repenser sa dépendance envers une zone géographique unique. L’Algérie, forte de ses capacités de production dans les hydrocarbures et dans la pétrochimie, se retrouve idéalement positionnée pour capter une partie de cette demande en pleine recomposition. Pour Sonatrach, ces nouveaux débouchés asiatiques représentent une opportunité commerciale concrète, à un moment où la demande mondiale reste soutenue et où les prix des matières premières énergétiques et agricoles connaissent une volatilité persistante. Sonatrach consolide aussi sa présence sur le marché asiatique du GPL. Rappelons dans ce contexte qu’en mai 2023, Sonatrach et la société chinoise Wanhua Chemical avaient signé un contrat à terme pour l’approvisionnement en GPL du complexe pétrochimique de Wanhua en Chine. Cet accord avait marqué un tournant significatif pour les exportations algériennes de GPL, en permettant l’introduction de la référence algérienne de prix des GPL en Asie soit sur le plus grand marché régional au monde.  En décembre 2025, trois contrats ont été signés entre Sonatrach et la société indonésienne Pertamina, portant sur l’enlèvement du pétrole brut, du condensat et des GPL issus du périmètre Menzel Ledjmet « MLN » (Bloc 405a). Sonatrach fourni grâce à ce contrat ses services et son expertise en matière de programmation, de coordination et de suivi des enlèvements des quantités de pétrole brut, de condensat et de GPL revenant à la compagnie indonésienne. Elle s’ouvre ainsi des perspectives dans une conjoncture marquée par l’envolée des prix. Rappelons dans ce contexte  que Sonatrach a procédé à une augmentation de ses prix de vente officiels de gaz de pétrole liquéfié (GPL) pour les contrats d’août de 19 à 23 % au début du mois d’août poussée par une augmentation des prix sur les marchés spot.  

Samira Ghrib

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