L’ONAB déstocke du poulet à 350 DA : Une mesure pour alléger la pression sur les prix
Face à l’envolée du prix du poulet frais, qui frôle désormais les 550 dinars le kilo dans plusieurs marchés du pays, et ce à l’approche de la célébration du Mawlid Ennabaoui, l’Office national des aliments de bétail (ONAB) a décidé de réagir en injectant sur le marché d’importants stocks de poulet congelé, cédé à un tarif unique de 350 dinars le kilo. Une bouffée d’air pour des ménages algériens déjà éprouvés par la cherté de la vie, alors que le Mawlid Ennabaoui approche à grands pas. Cette hausse spectaculaire des prix des viandes blanches n’a rien d’un hasard. Plusieurs éléments se sont conjugués ces dernières semaines pour tirer les prix vers le haut. La vague de chaleur intense qui a frappé le pays a fragilisé la production avicole, tandis que des incendies ont détruit plusieurs exploitations d’élevage, réduisant d’autant l’offre disponible sur le marché. À cela s’ajoute une demande particulièrement soutenue, portée par la saison des mariages, traditionnellement concentrée durant l’été, ainsi que par les préparatifs du Mawlid, fête religieuse célébrée cette année le 25 août, période durant laquelle la consommation de poulet grimpe habituellement en flèche. Résultat, les étals affichent des prix inaccessible pour une bonne partie des consommateurs, contraints de revoir leurs habitudes d’achat ou de renoncer purement et simplement à ce produit pourtant considéré comme une viande de base, plus accessible que le bœuf ou le mouton.
C’est dans ce contexte tendu que l’ONAB a activé son dispositif de déstockage. L’opération, lancée depuis le 10 août dans l’ensemble des points de vente relevant des entreprises du groupe AGROLOG, mobilise pas moins de 143 points de distribution répartis sur tout le territoire national. Les complexes avicoles de l’Est, du Centre et de l’Ouest du pays sont mis à contribution, tout comme le réseau de la Société algérienne de régulation des produits agricoles (SARPA), chargée elle aussi d’écouler ces quantités à prix fixe.
C’est Mohamed Said Lalleg, directeur de l’administration générale de l’Office, qui a détaillé jeudi les contours de cette opération auprès de l’APS. Selon lui, l’objectif est clair, il s’agit proposer une alternative accessible au poulet frais devenu hors de prix, en misant sur des stocks congelés vendus à un tarif unique et encadré de 350 dinars le kilo, soit près de 200 dinars de moins que le prix constaté sur les marchés de détail. Si cette initiative ne résout pas structurellement le problème des filières avicoles, secouées par des aléas climatiques répétés et une conjoncture économique difficile, elle offre néanmoins un répit ponctuel aux familles algériennes. Une soupape destinée à contenir, autant que possible, la pression sur le pouvoir d’achat à quelques jours du Mawlid.
Chokri Hafed

