Le PDG de Sonatrach en Chine : Deux accords signés avec Sinopec et Anton Oilfield
Sonatrach a bouclé à Pékin deux protocoles d’entente avec des groupes énergétiques chinois, Sinopec vendredi et Anton Oilfield Services Group samedi, confirmant l’ancrage des entreprises et du marché chinois dans la stratégie de partenariats du groupe public. Les deux signatures se sont tenues en marge de la visite en Chine du Président-directeur général de Sonatrach, Nour Eddine Daoudi, accompagné d’une délégation de haut niveau. Elles s’inscrivent dans le prolongement d’une tournée entamée cette semaine à Pékin et confirment l’intérêt porté par Sonatrach au marché chinois, qu’il s’agisse de grands groupes intégrés comme Sinopec ou d’acteurs plus spécialisés comme Anton Oilfield Services Group.
Le premier protocole, paraphé vendredi, lie Sonatrach à Sinopec pour explorer des « possibilités de coopération dans des domaines d’intérêt commun, tels que les projets liés aux hydrocarbures conventionnels et non conventionnels, le développement des réservoirs complexes ainsi qu’à la pétrochimie et l’hélium », précise Sonatrach dans son communiqué. Le texte évoque aussi l’ingénierie pétrolière, les énergies renouvelables, les nouvelles technologies associées et le développement des compétences. Sonatrach y rappelle que cet accord « s’inscrit dans la continuité des travaux et des actions menés dans le cadre du protocole d’entente signé en 2024 entre Sonatrach et Sinopec, dont les résultats ont permis d’identifier des opportunités d’intérêt mutuel et de mettre en œuvre des actions concrètes ». Il vise, ajoute le groupe public national, « à consolider les relations existantes entre les deux compagnies et à étendre leur coopération à travers la recherche de nouvelles opportunités de partenariat sur l’ensemble de la chaîne de valeur des hydrocarbures ».
Un jour plus tard, c’est au tour d’Anton Oilfield Services Group de signer avec Sonatrach un protocole visant à « identifier les opportunités de coopération dans le secteur des hydrocarbures et des services associés ». Le texte porte sur l’évaluation des ressources non conventionnelles et des gisements marginaux, sur les solutions de récupération assistée du pétrole, et sur l’examen des possibilités de fabrication locale d’outils de complétion et d’équipements destinés au gaz naturel. Sonatrach y présente son nouveau partenaire, coté à la Bourse de Hong Kong, comme une société « connue pour sa haute technologie, caractérisée par sa compétitivité, son dynamisme et son développement rapide et soutenu ».
La relation entre Sonatrach et Sinopec ne date pas d’hier. Le groupe chinois figure déjà au capital du consortium chargé de bâtir la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud, aux côtés de l’espagnol Técnicas Reunidas, depuis qu’il a remplacé le sud-coréen Samsung Engineering fin 2024 dans ce projet initialement attribué en 2019, prenant 49 % de la coentreprise contre 51 % pour la partie espagnole, sur un contrat d’ingénierie, approvisionnement et construction évalué à environ quatre milliards de dollars. La première pierre de cette usine, prévue pour une capacité de cinq millions de tonnes par an à Haoud El-Hamra, a été posée en février 2025. Une présence chinoise qui s’est encore étoffée la semaine dernière, avec l’entrée en scène d’un troisième opérateur, Shaanxi Huajian Engineering, qui a décroché un contrat portant sur les travaux d’installation électromécanique du lot PK4, incluant une unité de reformage catalytique continu d’une capacité de 1,35 million de tonnes par an, selon des médias chinois spécialisés relayés par la presse algérienne. Sinopec avait par ailleurs déjà noué un lien contractuel direct avec Sonatrach en 2022, via sa filiale Sinopec Overseas Oil and Gas, autour d’un contrat de partage de production sur un gisement du sud-est algérien.
Anton Oilfield Services Group aborde en revanche l’Algérie sur un terrain plus neuf. La société, davantage positionnée sur les services techniques aux champs pétrolifères que sur la construction d’unités industrielles, cherche à se faire une place aux côtés des grands noms déjà installés, dans un secteur des hydrocarbures non conventionnels que Sonatrach cherche justement à développer avec de nouveaux savoir-faire.
Ces deux protocoles confirment, en tout cas, que le marché chinois occupe une place grandissante dans la carte des partenariats de Sonatrach, aux côtés des accords noués ces deux dernières années avec des groupes américains ou européens, à l’image du mémorandum signé avec Chevron en juin 2024 sur les bassins d’Ahnet et de Berkine. Les protocoles d’entente ne valent pas encore contrats fermes, mais ils tracent, pour Sonatrach, la feuille de route de ses prochaines discussions.
Sabrina A.

