Khaldi, Hattab et Bouslimani de retour aux affaires : Les nouveaux ministres affichent leurs ambitions
Sid Ali Khaldi, Mohamed Hattab et Mohamed Bouslimani ont pris leurs fonctions mercredi respectivement à la tête de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, et de la Communication, dans le cadre du remaniement ministériel partiel opéré la veille par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a également porté le gouverneur de la Banque d’Algérie Mohammed Lamine Lebbou aux Finances. À l’Agriculture, Sid Ali Khaldi succède à Yacine El-Mahdi Oualid, fragilisé par un scandale entourant l’opération d’importation de moutons destinée à l’Aïd al-Adha, un dossier qui serait toujours entre les mains de la justice. Diplômé de l’École nationale d’administration et ancien ministre de la Jeunesse et des Sports entre 2020 et 2021, le nouveau ministre a dit sa fierté de « diriger un secteur stratégique qui constitue un levier vital de la souveraineté économique et de la sécurité alimentaire nationale ». Il hérite d’un chantier vaste avec l’impératif de renforcer la contribution du secteur au produit national brut, réduire la facture des importations agricoles, moderniser le système national des données et statistiques, et composer avec les effets du changement climatique sur des ressources naturelles déjà sous pression, autant d’axes qu’il a lui-même énumérés lors de la cérémonie de passation.
Au Travail, à l’Emploi et à la Sécurité sociale, Mohamed Hattab prend la relève d’Abdelhak Saïhi, dont le passage, entamé en septembre 2025, avait été marqué par des chantiers de modernisation administrative et de numérisation des prestations sociales restés à des degrés d’avancement divers. Médiateur de la République depuis avril dernier et ancien ministre de la Jeunesse et des Sports entre 2018 et 2019, M. Hattab a promis de développer les politiques d’emploi et de protection sociale tout en rapprochant l’administration des citoyens, appelant les cadres du secteur à consolider les acquis avec « équité et solidarité ».
À la Communication enfin, Mohamed Bouslimani retrouve un portefeuille qu’il avait déjà dirigé entre novembre 2021 et juin 2023. Il remplace Zoheir Bouamama, dont le passage n’aura pas atteint un an. M. Bouslimani a insisté sur le caractère « sensible et stratégique » du secteur de l’information, affichant son soutien au travail de terrain des journalistes et sa volonté de développer la communication institutionnelle. Il retrouve également un dossier resté en suspens sous ses prédécesseurs, celui du Fonds d’aide à la presse annoncé de longue date mais toujours pas concrétisé.
Chokri Hafed

