Nouvelles frappes américaines meurtrières contre l’Iran : Téhéran dénonce « un crime de guerre »
Une nouvelle vague de frappes américaines a visé mardi soir des positions en Iran, touchant notamment une cérémonie de mariage dans le sud du pays et faisant plusieurs morts selon les autorités iraniennes, qui ont dénoncé mercredi un « crime de guerre ». En représailles, Téhéran a mené des attaques contre plusieurs bases militaires américaines dans le Golfe, en Jordanie et dans le Kurdistan irakien, marquant une nouvelle escalade des hostilités entre les deux pays.
Ces bombardements américains, menés dans la nuit de mardi à mercredi contre des positions du Corps des gardiens de la révolution islamique, ont fait au moins onze morts selon l’agence officielle iranienne Irna, dont sept personnes tuées et huit blessées lors d’une attaque de missiles dans la province du Khouzestan, et quatre autres tuées lors d’une frappe ayant visé la ville de Kuhestak, dans la province d’Hormozgan, où se tenait une noce.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a qualifié cette frappe de crime de guerre, son porte-parole Esmaïl Baghaï estimant sur X qu’elle illustrait, selon les mots de Téhéran, la tentative de Washington de masquer un échec militaire. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a de son côté évoqué le sort d’enfants tués lors de cette cérémonie ainsi que dans une école à Minab, comparant l’attitude américaine à celle du « Satan ». Le ministre iranien de la Défense, Esmaeil Baqaei, a également dénoncé une guerre illégale.
De son côté, le Commandement central américain a formellement rejeté ces accusations. Interrogé par Reuters, le CENTCOM a assuré que l’armée américaine « ne visait jamais de civils ». Cette version des faits reste à ce stade contestée par Téhéran, et aucune enquête indépendante n’a pour l’heure permis d’établir les circonstances exactes de cette frappe.
En représailles, l’Iran a revendiqué mercredi une offensive de grande ampleur contre les intérêts américains dans la région. Les Gardiens de la révolution ont affirmé avoir attaqué des bases américaines à Erbil, dans le Kurdistan irakien, à l’aide de drones et de missiles, visant selon eux un centre de maintenance ainsi que des entrepôts logistiques. Les forces antiterroristes kurdes ont indiqué avoir intercepté une dizaine de drones chargés d’explosifs dans l’espace aérien de la province. D’autres frappes ont également visé, selon l’armée iranienne, les bases américaines d’Al-Dhafra et Al-Minhad aux Émirats arabes unis, ainsi que la base aérienne de Cheikh Issa à Bahreïn, où les forces de défense locales ont affirmé avoir intercepté plusieurs projectiles. Le Koweït a par ailleurs signalé un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale après une attaque de drone, sans faire de victime selon les pompiers koweïtiens.
Ces représailles ont également coûté des vies dans les rangs iraniens. Les Gardiens de la révolution ont fait état de la mort de quatre de leurs combattants dans la province de Kermanchah, ainsi que de trois membres du Bassidj tués lors d’une frappe américaine sur l’île de Lavan.
Sur le plan diplomatique, le président américain Donald Trump a averti que toute riposte iranienne entraînerait des frappes encore plus violentes, évoquant une attaque plus large tenue en réserve qui, selon lui, ne laisserait que peu de la République islamique. Le porte-parole du commandement militaire central iranien, Ebrahim Zolfaghari, a répondu en promettant des ripostes plus larges et plus destructrices en cas de poursuite des attaques américaines, avertissant également tout pays coopérant avec Washington.
La tension s’étend aussi au détroit d’Ormuz, où les Gardiens de la révolution ont indiqué que deux pétroliers avaient pris feu après avoir heurté des mines en empruntant une route jugée non autorisée par les forces iraniennes. La compagnie maritime saoudienne Bahri a par ailleurs confirmé la mort de deux marins philippins lors d’une attaque survenue lundi contre l’un de ses navires dans ce même détroit.
Sur le plan économique, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a annoncé un renforcement des sanctions visant à couper les circuits financiers permettant à l’Iran de poursuivre le conflit, citant la fermeture récente d’une filiale bancaire à Dubaï.
En marge de cette escalade, le porte-avions américain USS Abraham Lincoln a accosté mercredi en Thaïlande après près de 300 jours en mer, une escale de cinq jours à Pattaya destinée à son équipage. En Égypte, le président chinois Xi Jinping a affirmé la disposition de Pékin à contribuer à la sécurité du transport maritime régional, appelant par ailleurs au rejet des ingérences extérieures au Moyen-Orient.
Lyes Saïdi

