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Face à Washington : Téhéran promet une résistance « jusqu’au regret des agresseurs »

Le président iranien Massoud Pezeshkian a averti mardi que la République islamique « poursuivrait sa résistance de toutes ses forces jusqu’à ce que les agresseurs regrettent leurs actes », adoptant un ton plus ferme qu’à l’accoutumée alors que les tensions avec Washington connaissent un nouveau regain, sur fond de négociations indirectes toujours dans l’impasse et de crispations croissantes autour du détroit d’Ormuz. « La République islamique d’Iran a toujours été opposée à la guerre et considère que la préservation des intérêts du peuple et de la sécurité régionale passe par l’évitement du conflit. Mais tout comme elle s’est levée avec courage pour se défendre contre l’agression jusqu’à aujourd’hui, elle poursuivra cette résistance de toutes ses forces jusqu’à ce que les agresseurs regrettent leurs actes, et elle continuera de protéger les droits du peuple », a écrit M. Pezeshkian sur X, selon des propos rapportés mardi par Reuters.

Cette déclaration intervient dans un contexte régional sous tension depuis la guerre déclenchée fin février par les États-Unis et l’entité sioniste contre l’Iran, un conflit qui a fait, selon Téhéran, plus de trois mille morts avant qu’un mémorandum d’entente ne soit signé à Islamabad le 17 juin, prévoyant l’arrêt des opérations militaires et la réouverture progressive du détroit d’Ormuz. Sa mise en œuvre s’est toutefois heurtée à des divergences persistantes, avant que les échanges de frappes ne reprennent en juillet.

Selon plusieurs sources concordantes, Washington aurait récemment transmis à Téhéran de nouvelles propositions par l’intermédiaire de médiateurs, après l’enlisement des pourparlers. En réponse, l’Iran aurait à son tour formulé ses propres conditions, sans que le contenu précis des échanges n’ait filtré. Des délégations d’Oman, du Pakistan et du Qatar se sont rendues à Téhéran ces dernières semaines, tandis que Doha affirme avoir soumis plusieurs pistes destinées à rapprocher les positions des deux parties. Interrogé mardi lors du point de presse hebdomadaire du ministère qatari des Affaires étrangères, son porte-parole Ibrahim al-Hashimi a jugé « inacceptable » la prolongation de la situation actuelle de « ni paix ni guerre », plaidant pour une réouverture du détroit d’Ormuz « sans conditions » et pour un règlement de la crise par le dialogue.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a de son côté estimé que les frappes américaines et israéliennes contre les sites nucléaires iraniens demeuraient le principal obstacle aux inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique, tout en appelant Washington à mettre fin « à ses attaques militaires, à ses sanctions économiques et à son blocus naval » pour permettre une sortie de crise. Il a par ailleurs relevé que Téhéran réclamait le respect intégral du mémorandum d’Islamabad, alors que le Financial Times évoque de son côté des ambitions américaines élargies, englobant à la fois le détroit d’Ormuz et le dossier nucléaire iranien.

Sur le plan maritime, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaei, a annoncé la mise en place prochaine d’une zone d’exclusion aérienne au large du détroit d’Ormuz, où tout navire pénétrant serait ajouté à la liste des sanctions visant l’Iran. Téhéran affirme parallèlement avoir intensifié sa production de missiles, de drones et de systèmes de défense. Des discussions séparées avec Oman, portant sur un couloir maritime sécurisé, progressent néanmoins, sans que les autorités iraniennes ne les présentent comme une réouverture totale du détroit.

Lyes S.

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