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Intelligence artificielle : L’Algérie passe à la vitesse supérieure

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a présidé mardi la deuxième réunion de coordination consacrée à la mise en œuvre de la Stratégie nationale d’intelligence artificielle, actant l’installation de cinq commissions thématiques et la création d’un centre national de recherche dédié à l’IA et aux données, un mois après le lancement officiel de cette feuille de route destinée à hisser l’Algérie au rang de hub technologique africain à l’horizon 2035. Selon un communiqué du ministère, cette rencontre s’est tenue en présence de représentants des ministères concernés et a permis d’installer « cinq (5) commissions thématiques (…) autour des principaux axes de la Stratégie nationale d’IA, à savoir la commission des données et des infrastructures, la commission du financement, la commission des grands modèles de langage, la commission du doctorat en IA et la commission de la formation continue en IA ». Le communiqué précise également qu’il a été décidé la création d’un centre national de recherche en IA et en données, structure appelée à fédérer les travaux scientifiques et à accompagner le développement de solutions technologiques nationales dans ce domaine. Sur le volet applicatif, le texte annonce la programmation à court terme d’un système de gestion fiscale basé sur l’intelligence artificielle, ainsi que la création d’un système algérien multisectoriel pour généraliser l’utilisation des outils d’IA à travers différentes administrations. Objectif affiché, former 50 000 spécialistes en IA à l’horizon 2030, en plus de la préparation du lancement de projets de recherche dans le cadre des programmes nationaux, selon les priorités arrêtées par les autorités. Cette deuxième réunion s’inscrit dans le prolongement direct de la première, tenue le 5 août dernier au siège du ministère, qui avait donné naissance à une commission conjointe de suivi chargée de veiller à la mise en œuvre des étapes de la feuille de route, suivant un échéancier précis, en vue de concrétiser la transformation vers une administration publique moderne et intelligente. Un mois plus tard, la démarche entre donc dans sa phase opérationnelle, avec des structures désormais nommées et des échéances chiffrées.

Ce cap répond à une ambition que le ministre n’a cessé de marteler ces dernières semaines. Devant les représentants des secteurs concernés, Kamel Baddari avait affirmé que la stratégie nationale ambitionne de renforcer la souveraineté technologique du pays en développant des modèles gouvernementaux d’intelligence artificielle souverains et open source, en consolidant les capacités nationales de calcul et en investissant dans les compétences nationales, plaçant la question de l’indépendance numérique au cœur du dispositif. Une conviction résumée en quelques mots par le ministre lui même, pour qui l’intelligence artificielle n’est pas une option pour l’Algérie mais un impératif stratégique de souveraineté et de compétitivité. Cette stratégie repose sur cinq piliers structurants qui vont bien au delà des seules commissions installées mardi, à savoir le développement de modèles d’IA gouvernementaux souverains, le renforcement des infrastructures de données, la formation du capital humain, le transfert de technologie entre universités et entreprises, ainsi que la modernisation de l’administration publique. Elle doit être soumise au Conseil des ministres pour adoption dans le courant de l’année, avec une vision affichée à l’horizon 2035 pour positionner l’Algérie parmi les nations africaines les plus avancées en la matière.

Samir Benisid

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