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De nouvelles structures de stockage inaugurées : Mostaganem lance le processus de spécialisation des ports

Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a effectué lundi une visite au Port de Mostaganem appelé à être le le premier terrain d’application de la réforme sur la spécialisation des ports. Une visite au cours de laquelle il a également qualifié la réalisation d’un troisième bassin portuaire de nécessité urgente et impérieuse.

Accompagné du directeur général de la Sûreté nationale, Ali Badaoui, et du directeur général des Douanes algériennes, le général-major Abdelhafid Bekhouche, le ministre a inauguré une plateforme de stockage de conteneurs de dix hectares au port de Mostaganem et donné le coup d’envoi d’une extension supplémentaire de cinq hectares. Devant la presse, il a présenté cette étape comme le point de départ concret de la décision présidentielle sur la répartition des vocations entre ports nationaux. « Le port de Mostaganem sera la première expérience en la matière », a affirmé Saïd Sayoud, précisant que l’infrastructure sera réservée aux opérateurs publics pour leurs opérations d’importation et d’exportation.

Cette démarche s’inscrit dans un chantier engagé depuis le début de l’année par le département des Transports, alors dirigé par le même ministre. Une réforme de la gestion portuaire avait déjà permis d’étendre le système de travail continu à l’ensemble des dix ports du pays, réduisant les délais d’attente des navires notamment à Alger, Oran, Béjaïa et Jijel. La spécialisation constitue le prolongement de cette dynamique, avec des études déjà lancées sur le port de Djendjen en lien avec le groupe Serport appelé à devenir un port spécialisé pour les gros tonnage, tandis qu’Annaba qui a de son côté ouvert une nouvelle zone de dédouanement pour désengorger son trafic, a lancé un vaste chantier d’extension de réalisation d’un nouveau quai minéralier dans la perspective de devenir un grand port phosphatier dans le cadre du Projet phosphate intégré. Mostaganem devient ainsi le premier port où cette orientation prend une forme opérationnelle. Rappelons dans ce contexte que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune a n ordonné au cours d’une réunion de haut niveau tenue mercredi une réorganisation des ports, a vec une spécialisation du port de Mostaganem.

Dans ce sens, le ministre de l’Intérieur a détaillé cette vision dans une allocution prononcée sur place. « Cette visite s’inscrit dans le cadre de la concrétisation de la décision du président de la République relative à la spécialisation des ports à l’échelle nationale », a-t-il déclaré, ajoutant que l’objectif est de « mieux organiser le mouvement des marchandises, d’alléger la pression sur les ports et d’élever leur niveau de performance et d’efficacité ». Il a précisé qu’une équipe spécialisée travaille désormais à élaborer une vision globale de la spécialisation portuaire à travers les régions est, ouest et centre du pays, « afin de parvenir à une répartition plus équilibrée du trafic de marchandises ».

Sur le volet infrastructures, le ministre a rappelé que le dragage des premier et deuxième bassins du port, portant leur profondeur à neuf mètres, demeure insuffisant pour porter une véritable activité commerciale. « Cela rend la réalisation d’un troisième bassin urgente et impérieuse », a-t-il insisté, appelant à l’achèvement des études du projet, dont le taux d’avancement dépasse déjà 50%. Le coût prévisionnel de l’opération est estimé à environ 25 milliards de dinars. « Ce montant nous permettra, avant tout, de réaliser un nouveau quai et un nouveau bassin, avec une profondeur d’eau pouvant atteindre 15 mètres, ce qui permettra d’accueillir des navires d’une capacité de 60 000 tonnes, voire éventuellement de 80 000 tonnes », a expliqué le ministre, y voyant la solution définitive aux contraintes actuelles de l’infrastructure. Le renforcement du parc logistique du port accompagne ce chantier, avec un programme d’acquisition de chariots élévateurs, de distributeurs, d’ensembles électromécaniques et d’un scanner de contrôle, pour une enveloppe de 8 milliards de dinars actuellement en cours de concrétisation. Saïd Sayoud a par ailleurs annoncé un futur système de vidéosurveillance ainsi qu’un projet de guichet unique destiné à simplifier les procédures et réduire les délais pour les opérateurs économiques.

Le ministre a salué les résultats obtenus depuis sa précédente visite, évoquant une situation qui appelait alors une intervention urgente. « Nous pouvons aujourd’hui percevoir clairement les fruits des décisions prises à l’époque », a-t-il affirmé, saluant au passage l’implication d’entreprises et de bureaux d’études algériens dans la réalisation des travaux, notamment l’aménagement des plateformes de stockage, des deux quais et la réhabilitation du quai sec. Selon les données de l’entreprise portuaire, le trafic de marchandises, de conteneurs et le chiffre d’affaires du port ont enregistré une nette progression au cours des trois dernières années, une activité commerciale qui avait déjà bondi de 51% au premier semestre 2025.

Le ministre a enfin insisté sur la coordination entre les différents services présents dans l’enceinte portuaire, sécurité nationale, douanes et gendarmerie, comme condition de fluidité des procédures, avant de remercier les autorités locales et les travailleurs du port pour leur mobilisation dans ce qui constitue, selon lui, une étape pilote pour l’ensemble du réseau portuaire national.

Samir Benisid

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