Mines : L’Angola veut s’inspirer du modèle algérien
Le ministre des Mines et des Industries minières, Mourad Hanifi, a reçu lundi à Alger une délégation de haut niveau du ministère angolais des Ressources minérales, du Pétrole et du Gaz, venue exprimer l’intérêt de Luanda pour l’expérience algérienne dans le secteur minier.
La rencontre s’est déroulée en présence de la secrétaire d’Etat chargée des mines, Karima Bakir Tafer, de responsables du ministère et de l’ambassadeur d’Angola en Algérie, Toko Diakenga Serao. Les deux parties ont fait le point sur l’état des relations bilatérales dans le domaine minier et discuté des moyens de renforcer l’échange d’expertises techniques et géologiques entre les deux pays. Mourad Hanifi a mis en avant la vision de l’Algérie en matière de valorisation locale et de développement des ressources souterraines, détaillant les opportunités d’investissement offertes ainsi que les facilités accordées pour faire aboutir les grands projets miniers du pays. La délégation angolaise, de son côté, a salué les avancées enregistrées par le secteur minier algérien et fait savoir que son pays souhaite bâtir « un partenariat solide » et bénéficier de « l’expérience algérienne pionnière dans la gestion et la structuration des entreprises et activités minières ».
Au delà de cette audience, le programme de la délégation angolaise prévoit une série de visites auprès des organismes du secteur, dans l’objectif de prendre connaissance du modèle algérien et d’identifier des pistes de partenariat direct. Un passage est prévu à l’Agence nationale des activités minières (ANAM), où les responsables angolais s’informeront sur le cadre juridique et réglementaire régissant la gestion des ressources minières, les mécanismes d’octroi des permis ainsi que le système d’information géologique utilisé par l’Algérie. La délégation se rendra également à l’Agence du service géologique de l’Algérie (ASGA) pour examiner les possibilités de coopération dans l’élaboration de cartes numériques et l’échange de données scientifiques sur les ressources minérales.
Le groupe industriel minier Sonarem figure aussi à l’agenda de la délégation, avec des rencontres techniques programmées avec ses responsables et ceux de ses filiales, en vue d’étudier le lancement de projets d’investissement conjoints dans l’exploitation et la transformation des minerais.
A l’issue de cette visite, les deux parties se sont accordées pour activer les canaux de coordination et tracer une feuille de route commune, portant notamment sur la formation spécialisée, la recherche géologique et l’échange d’expertises, au service du développement durable des deux pays. Cette séquence de travail traduit la volonté commune d’Alger et de Luanda de faire passer leur coopération minière du stade des déclarations à celui des projets concrets, dans un secteur que l’Algérie entend désormais structurer autour de la valorisation locale des ressources.
Sabrina Aziouez

