Dessalement et hydrocarbures : Alger resserre ses liens avec Riyad et Pretoria
Le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a reçu lundi à Alger le président exécutif du groupe saoudien Abunayyan Holding, Turki bin Saeed Al Amri, pour examiner de nouvelles pistes de partenariat industriel, notamment dans les équipements de dessalement de l’eau de mer. Le même jour, le secrétaire général du ministère, Medjelled Miloud, recevait une délégation du secteur pétrolier sud-africain venue lancer une semaine de travaux techniques avec les structures nationales du secteur. La rencontre avec le groupe saoudien s’inscrit, selon un communiqué du ministère, dans une volonté de « renforcer les relations de fraternité et de coopération privilégiées entre l’Algérie et l’Arabie saoudite » et de poursuivre des entretiens engagés de longue date sur le dessalement de l’eau de mer et les équipements industriels qui s’y rattachent, en appui au programme national de dessalement. Le président exécutif d’Abunayyan Holding a mis sur la table des propositions concrètes pour élargir la présence de son groupe en Algérie. Il a fait part de la volonté de son entreprise de mettre en place un centre industriel dédié à l’assemblage et à la maintenance des équipements de dessalement, un outil censé accompagner la durabilité des projets stratégiques et fournir un appui technique et logistique de proximité. Le groupe saoudien a par ailleurs proposé d’implanter en Algérie une filiale de son Académie de l’énergie et de l’eau, destinée à transférer le savoir-faire et à former les compétences chargées de gérer et d’exploiter les stations de dessalement, en cohérence avec les efforts de localisation de l’industrie des membranes et des équipements de base.
Mohamed Arkab a salué ces initiatives, les jugeant en phase avec les orientations du gouvernement en matière d’intégration nationale, de localisation des industries vitales et de création d’emplois durables. Il a assuré que le secteur, à travers la société algérienne de dessalement d’eau (Algerian Desalination Company) et les différentes structures de tutelle, était disposé à « accorder les facilités nécessaires » pour concrétiser ces projets sur le terrain. L’audience s’est tenue en présence de l’ambassadeur d’Arabie saoudite à Alger, Abdullah Bin Nasser Al Bussairi, et du PDG de l’ADC, Lahcen Bada.
Le même jour, la diplomatie énergétique algérienne s’activait aussi du côté de l’Afrique australe. Medjelled Miloud a reçu une délégation sud-africaine conduite par des responsables du ministère des Ressources minérales et pétrolières, accompagnés de représentants de la Société nationale pétrolière d’Afrique du Sud (SANPC) et de l’Agence sud-africaine du pétrole (PASA). Cette visite, précise le communiqué du ministère, s’inscrit dans le prolongement de la visite d’Etat effectuée en Algérie par le président sud-africain Cyril Ramaphosa, invité par le président Abdelmadjid Tebboune, ainsi que des discussions officielles menées entre Mohamed Arkab et son homologue sud-africain. Etalée sur une semaine, la visite prévoit une série de réunions de travail et d’ateliers techniques avec les grandes institutions du secteur, Sonatrach en tête, aux côtés de l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft), de l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH) et de l’Institut algérien du pétrole (IAP). Les échanges porteront sur l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur, de la recherche et l’exploration au développement des gisements, en passant par le raffinage, la pétrochimie et la commercialisation du gaz naturel liquéfié. Un volet des discussions sera consacré aux possibilités d’un partenariat stratégique et commercial entre Sonatrach et la SANPC. Les délégués évoqueront également le renforcement de la coopération institutionnelle avec l’agence PASA, la prise de connaissance du cadre juridique et réglementaire algérien, ainsi que les facilités offertes par la loi sur les hydrocarbures et le rôle joué par l’Alnaft et l’ARH dans l’organisation des activités pétrolières et l’attraction des investissements. La formation et le transfert de technologies via l’IAP figurent aussi parmi les priorités affichées de cette semaine de travail.
Amar Malki

