Le tournage a été lancé : Un documentaire sur Rauf Hajiyev, le maître de Bakou qui a marqué les arts à Alger
Une équipe de journalistes azerbaïdjanais a lancé à Alger le tournage d’un documentaire consacré à Rauf Hajiyev, compositeur venu de Bakou qui a profondément marqué la musique et la danse algériennes dans les années 1970. Les premières images ont été enregistrées jeudi à l’Institut supérieur des métiers des arts du spectacle, devant un parterre d’enseignants et d’artistes réunis pour l’occasion.
Selon la Radio algérienne, le déplacement de la délégation azerbaïdjanaise a coïncidé avec ce tournage, qui donne la parole à ceux qui ont connu le compositeur de près. Trois enseignants de l’institut figurent au casting du film. Rauf Hajiyev s’est installé en Algérie il y a plus de quarante ans, en qualité de conseiller culturel général pour les arts.
Comme d’autres artistes soviétiques, il a été envoyé dans le pays durant les années 1970, à l’heure où Moscou et Alger multipliaient les liens. Il n’y est pas resté en simple invité. Il a composé, dirigé, transmis, et formé de nombreux artistes algériens. Il a aussi contribué de manière active au développement de l’Institut national des arts dramatiques et chorégraphiques de Bordj El Kiffan, où toute une génération de danseurs et de musiciens est passée entre ses mains.
Deux ballets portent sa signature et restent parmi les plus connus du répertoire chorégraphique algérien. « Sur une légende des Aurès » date de 1977, et « Houria » a été produit en 1979. Pour ce dernier, le compositeur s’est appuyé sur le riche patrimoine musical algérien, qu’il a marié aux formes classiques occidentales, comme l’adage et les variations orchestrales. L’œuvre s’empare de la Révolution agraire et des bouleversements sociaux qui ont suivi l’indépendance, et déroule un récit de tensions et d’espoir dans une écriture orchestrale d’une grande puissance dramatique. Il y est parvenu à donner aux histoires et à l’identité algériennes un souffle symphonique universel, à une époque que l’on peut considérer comme l’âge d’or des échanges culturels entre les deux pays.
Né le 15 mai 1922 à Bakou, Rauf Hajiyev y est mort en 1995. Son talent s’est révélé dès l’enfance et il s’est formé auprès de figures marquantes de la musique classique azerbaïdjanaise. Il a reçu les plus hautes distinctions artistiques de l’Union soviétique, dont celle d’artiste du peuple. Il a également occupé le poste de ministre de la Culture de la République socialiste soviétique d’Azerbaïdjan de 1965 à 1971, avant de poser ses valises sur la rive sud de la Méditerranée.
M.S.

