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Constantine : Un forum national sur le soutien scolaire

La généralisation des cours particuliers, devenus pour de nombreuses familles un complément quasi incontournable de l’enseignement scolaire, a été au cœur des débats lors d’un forum national organisé à l’université Abdelhamid-Mehri Constantine-2. Initiée par le département des sciences de l’éducation de la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation, la rencontre a réuni des chercheurs et des enseignants de plusieurs universités algériennes autour d’une question devenue centrale dans le paysage éducatif, à savoir « les cours de soutien permettent-ils réellement de réduire les difficultés scolaires ou contribuent-ils, au contraire, à renforcer les inégalités éducatives et sociales ? »

Lors de son allocution, la présidente du forum, l’enseignante Sabrina Tabouche, a d’emblée souligné la complexité d’un phénomène qui ne saurait être appréhendé sous un angle unique. Si les cours particuliers peuvent représenter une solution de rattrapage et un appui pour les élèves en difficulté, leur généralisation pose aussi la question de l’égalité des chances, notamment lorsque leur coût les rend difficilement accessibles aux familles disposant de revenus modestes. À travers cette rencontre scientifique, les organisateurs entendaient ainsi ouvrir un débat pluridisciplinaire sur les facteurs à l’origine de l’essor des cours particuliers, mais aussi sur leurs effets pédagogiques, économiques et psychologiques. L’objectif était également de réfléchir aux moyens susceptibles d’en limiter les effets négatifs, alors que le recours au soutien privé s’installe progressivement comme une composante à part entière du parcours scolaire de nombreux élèves. Les travaux ont notamment mobilisé la lecture sociologique de Pierre Bourdieu, à travers les notions de capital culturel, d’habitus et de violence symbolique. Cette approche a permis d’interroger le rôle de l’école et des mécanismes éducatifs parallèles dans la reproduction des différences sociales et scolaires. Plusieurs communications ont ainsi porté sur les stratégies développées par les familles, la pression exercée sur les élèves, le rendement réel des cours de soutien, leur influence sur la réussite scolaire ainsi que leurs répercussions sur la qualité de l’enseignement. Une étude de terrain menée auprès d’élèves du cycle moyen par la chercheuse Nassira Laâbbas, de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, a notamment mis en évidence l’émergence de nouvelles formes de soutien, à l’image des cours individuels. Plus coûteux, ces derniers contribuent à accentuer la pression financière exercée sur les parents. La chercheuse a également relevé que certains collégiens, encore en phase d’adaptation à l’organisation et aux exigences du cycle moyen, en viennent à recourir à un enseignant pour chaque matière, au risque de renforcer leur dépendance au soutien privé. Les échanges, organisés à la fois en présentiel et à distance, ont également permis d’examiner des pistes alternatives, notamment le recours aux outils numériques, l’amélioration de la formation des enseignants et le renforcement de l’accompagnement pédagogique au sein même de l’école. Autant de leviers présentés comme susceptibles de réduire le recours systématique aux cours particuliers. Le forum s’est finalement achevé par une discussion générale et l’élaboration de recommandations visant à limiter les effets d’une pratique désormais largement installée dans le paysage éducatif algérien.

Zakia Merabet

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