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Guterres réaffirme l’attachement de l’ONU au droit à l’autodétermination du peuple sahraoui : Un camouflet pour le Makhzen

À la veille d’une réunion du Conseil de sécurité prévue jeudi, le secrétaire général de l’ONU réaffirme le droit des Sahraouis à l’autodétermination, recommande de prolonger la Minurso d’un an et braque les projecteurs sur les violations des droits humains. Un camouflet cinglant pour le Makhzen et un démenti à sa propagande.

Le Maroc va devoir ravaler sa propagande triomphaliste. Dans le rapport qu’il vient de remettre au Conseil de sécurité, lequel se réunira ce jeudi sur le Sahara occidental, Antonio Guterres replace l’autodétermination du peuple sahraoui au cœur de toute issue politique. Il recommande de reconduire le mandat de la Minurso jusqu’au 31 octobre 2027 et pointe l’absence de contrôle indépendant des droits de l’homme dans les territoires occupés.

Depuis douze mois, la propagande du Makhzen présente la résolution 2797, adoptée le 31 octobre 2025, comme l’acte de décès du référendum et le sacre du plan d’autonomie en « solution unique ». Le chef de l’ONU balaie ce récit. Il somme Rabat et le Front Polisario de s’entendre sur une solution acceptable pour tous, « qui garantisse l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ». Surtout, il pose que tout projet de règlement doit être soumis à une consultation réelle des Sahraouis, libres de l’accepter ou de le rejeter.

L’Envoyé personnel, Staffan de Mistura, enfonce le clou. Le cadre des négociations en cours, explique-t-il, « ne prédétermine pas le résultat », et s’y asseoir n’engage pas à avaliser les thèses marocaines. Les conclusions du secrétaire général recoupent d’ailleurs la proposition que le Front Polisario avait déposée le 20 octobre 2025. Le Makhzen avait eu un avant-goût de ce revers il y a une dizaine de jours. Après trois rounds de discussions, Massad Boulos, conseiller de Donald Trump pour les affaires arabes et africaines, avait admis qu’aucune solution n’était imminente.

Sur les droits de l’homme, le royaume essuie un second revers. Il s’est toujours opposé à ce que ce volet entre dans le mandat de la mission onusienne. Guterres juge pourtant que l’absence d’une surveillance indépendante et complète empêche d’évaluer la situation dans les territoires occupés. Rabat interdit aux équipes du Haut-Commissariat aux droits de l’homme d’y mettre les pieds depuis 2015, alors que les témoignages font état de tortures, de mauvais traitements et d’emprisonnements de militants sahraouis. Le rapport évoque aussi les mines semées par l’armée marocaine le long du mur de séparation et sur 68 champs répertoriés à l’est de l’ouvrage, 24 n’ont toujours pas été déminés et menacent des civils.

L’enjeu le plus sensible pour Rabat reste le sort de la Minurso. Le royaume milite depuis des années pour son non-renouvellement, sans succès. Le secrétaire général propose un an de plus. Or la mission a été créée pour organiser un référendum. La maintenir revient à dire que les Nations unies n’envisagent aucune sortie de crise sans consulter les Sahraouis.

Cette ligne, le Front Polisario la porte à New York même. Mercredi, son représentant auprès de l’ONU, Sidi Mohamed Omar, a déclaré devant la Quatrième Commission de l’Assemblée générale que son peuple ne renoncerait jamais à ses droits inaliénables et poursuivrait son combat pour la liberté et l’indépendance « par tous les moyens légitimes ». Il a rappelé que la dernière colonie d’Afrique figure à l’agenda onusien depuis 1963. Il a ajouté que l’occupation marocaine, engagée en 1975, a été condamnée par l’Assemblée générale dans ses résolutions 34/37 de 1979 et 35/19 de 1980. Le statut du territoire est, rappelle-t-il, « parfaitement clair », et le droit à l’autodétermination « non négociable ».

Lyes Saïdi

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