Monde

À Ghaza comme en Cisjordanie : L’occupant sioniste étrangle les civils

Trois ans d’agression génocidaire sioniste ont laissé les déplacés de Ghaza sans toit digne de ce nom, à la veille d’un hiver qui s’annonce redoutable. Le coordinateur régional des opérations de crise de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Karl Baker, a tiré la sonnette d’alarme samedi, en indiquant que les déplacements répétés ont considérablement détérioré les abris dans toute l’enclave, alors que les restrictions imposées par l’occupation et le manque de financements entravent les préparatifs. S’exprimant auprès de UN News, le responsable onusien a rappelé que certains Palestiniens ont été chassés de chez eux jusqu’à huit fois, perdant à chaque fois tentes et abris de fortune. «Lorsqu’ils se déplacent, tous les biens qu’ils possèdent ou possédaient sont détruits», a-t-il déclaré. Même les matériaux de première nécessité, à l’image des bâches, doivent être remplacés environ tous les six mois, or les organisations humanitaires peinent à en acheminer en quantités suffisantes dans la bande de Ghaza. Pour M. Baker, il est temps de dépasser le stade des solutions provisoires et de privilégier des abris de transition plus durables. Mais les matériaux nécessaires à des toitures plus solides, des sols en béton et des murs résistants se heurtent aux restrictions sionistes. «Nous devons améliorer la qualité des abris dans lesquels vivent les habitants et passer des solutions temporaires à des abris de transition plus durables», a-t-il plaidé, évoquant aussi le manque de financements et les perturbations du transport maritime international parmi les obstacles rencontrés. Si des fonds commencent à être débloqués, ils demeurent insuffisants face aux besoins de quelque 1,8 à 1,9 million de personnes qui ont besoin d’une aide à l’hébergement.

Le tableau est d’autant plus sombre que seule une trentaine de pour cent du territoire est actuellement accessible à la majeure partie de la population. Les déplacés s’entassent ainsi dans des zones de plus en plus surpeuplées, souvent exposées aux inondations. «Les 30 % du territoire où ils vivent actuellement constituent un immense camp de déplacés», a résumé le responsable de l’OIM.

Pendant ce temps, en Cisjordanie occupée, la violence des colons ne faiblit pas. Samedi, une délégation diplomatique composée de représentants français, belge et polonais a été prise pour cible par les colons sionistes dans la ville de Taybeh, au centre du territoire, faisant des blessés, a rapporté l’agence Anadolu. L’attaque est survenue au lendemain d’une cérémonie officielle consacrée à la signature d’un accord de jumelage entre Taybeh et la commune française de Saint-Pierre, en présence des consuls français et belge, d’un représentant polonais et de l’ancien maire de Saint-Pierre, Christian Rapha. Selon le maire de Taybeh, Suleiman Khourieh, les colons ont visé la délégation dans la partie ouest de la ville, de même que des Palestiniens qui récoltaient leurs olives. Plusieurs habitants ont été blessés et la vitre d’un véhicule de la délégation belge a été brisée. Des images ont montré un membre de la délégation allongé au sol, identifié par la radio de l’armée d’occupation comme étant Bernard Baudoux, maire d’Aulnoye-Aymeries, dans le nord de la France. L’armée sioniste affirme que l’incident fait «l’objet d’un examen», sans qu’aucune arrestation n’ait été effectuée dans l’immédiat. M. Khourieh a dénoncé une «violation flagrante du caractère sacré du travail diplomatique et humanitaire», s’inscrivant dans les restrictions continues imposées aux agriculteurs palestiniens. Les attaques de colons contre les Palestiniens et leurs terres se sont d’ailleurs intensifiées depuis le début, en octobre, de la saison de la cueillette des olives, source de revenus essentielle pour des milliers de familles.

L.S.

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *