Tacherift depuis Boumerdès : « L’État colonial s’est couvert de la honte d’un crime »
Le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Abdelmalek Tacherift, a affirmé samedi à Boumerdès que le 17 octobre 1961 « n’était pas un simple événement passager, mais bien un soulèvement populaire de notre communauté en exil », écrasé par la France coloniale dans un bain de sang où des civils ont fini jetés dans la Seine. Il s’exprimait lors de la cérémonie officielle de la Journée nationale de l’émigration, qui marque cette année le 65e anniversaire de ces manifestations. Réunie à la bibliothèque de lecture publique « Abderrahmane Benhamida », en présence du wali Amine Benmalek, l’assistance a entendu le ministre insister sur la solidité de cette mobilisation, « fondée sur des bases juridiques, organisationnelles et morales solides ». Par ces marches pacifiques, a-t-il dit, le peuple algérien « a exprimé son humanité, s’est libéré de l’injustice et a continué à soutenir sa juste cause nationale ». La réponse, rappelle-t-il, a été « une répression coloniale brutale, un génocide et le massacre de civils sans défense », enfants, femmes et vieillards compris. Ce soir-là, des milliers d’Algériens avaient bravé à Paris le couvre-feu qui leur était imposé sous l’autorité du préfet de police Maurice Papon. M. Tacherift en tire une conclusion sans nuance. « L’État colonial s’est couvert de la honte d’un crime qui restera à jamais gravé dans l’histoire de l’humanité », a-t-il lancé, opposant « la justesse de la cause algérienne » à « l’injustice coloniale brutale ».
Le ministre a ensuite ramené la commémoration au présent. La préservation de la mémoire nationale est, selon lui, « une priorité absolue » à laquelle le président Tebboune, qui a adressé la veille un message à la communauté nationale, accorde « une attention toute particulière ». D’où l’élargissement du réseau des musées dédiés aux moudjahidine, mais aussi les monuments commémoratifs, la restauration des sites historiques et l’entretien des cimetières des martyrs, autant de chantiers qui traduisent la reconnaissance envers les sacrifices consentis. Il a également souligné le « rôle de premier plan » que joue aujourd’hui la diaspora « dans la marche vers le développement global », grâce aux initiatives du chef de l’État qui lui a accordé « une place stratégique ».
Placée sous le thème « Des profondeurs de la mémoire aux horizons de l’avenir », la rencontre a réuni le secrétaire général de l’ONM, Amar Boumezrag, des représentants du ministère des Affaires étrangères et 15 moudjahidine de la Fédération de France du FLN ayant vécu les événements, conduits par Mohamed Ghafir, dit Mohamed Klichi. Pour le ministre, leur présence « revêt une importance et une valeur symboliques particulières », car ces pionniers sont « les gardiens de sa mémoire » et ceux qui en transmettent l’héritage aux jeunes générations.
Massinissa Raïs
Une minute de silence en hommage aux victimes des victimes du 17 octobre 1961
L’Algérie s’est figée, samedi à 11h, pour rendre hommage aux martyrs des massacres du 17 octobre 1961 à Paris. Une minute de silence a été observée sur l’ensemble du territoire national ainsi que dans les représentations diplomatiques et consulaires du pays à l’étranger, en application de la décision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui l’a instituée pour chaque 17 octobre.
À Boumerdès, le ministre des Moudjahidine et des Ayants-droit, Abdelmalek Tacherift, a présidé la cérémonie officielle de commémoration de la Journée nationale de l’émigration, placée sous le slogan « Des profondeurs de la mémoire aux horizons de l’avenir ».
L’Armée nationale populaire s’est également associée à ce moment de recueillement. Les Commandements de Forces, ceux des Régions militaires ainsi que l’ensemble des structures et unités de l’ANP ont observé la minute de silence, a précisé un communiqué du ministère de la Défense nationale. Cet hommage, à l’occasion du 65e anniversaire de la Journée nationale de l’émigration, a été rendu à « nos valeureux Chouhada, victimes de la répression barbare des manifestations pacifiques organisées, ce jour-là, par les Algériens en France ».
R.N.

