Constantine : 10e congrès international de la PMA et de la gynécologie
Infertilité, prévention des infections à papillomavirus humain (HPV), surveillance du travail obstétrical et progrès de la chirurgie endoscopique figurent parmi les principales thématiques du 10e Congrès international de l’Association des gynécologues-obstétriciens privés de Constantine (AGOPC). Réunissant plus de 400 spécialistes algériens et étrangers, cette rencontre a mis l’accent sur l’évolution des pratiques médicales et l’amélioration de la prise en charge de la santé de la femme et du couple. La procréation médicalement assistée (PMA) a occupé une place centrale lors de la deuxième journée du 10e Congrès international de l’AGOPC. Les communications scientifiques ont notamment porté sur les avancées dans le diagnostic et le traitement de l’infertilité, un domaine dans lequel les progrès des techniques de reproduction offrent de nouvelles possibilités aux couples rencontrant des difficultés à concevoir. Le président de l’association, le Dr Mohamed Boukerrou, a indiqué que cette édition s’articule autour de trois axes majeurs consacrés à la procréation et à l’assistance médicale à la procréation, avec la participation d’experts nationaux et internationaux, notamment égyptiens. Il a souligné que le développement des centres spécialisés en Algérie permet désormais à un nombre croissant de couples d’accéder aux techniques de PMA sur le territoire national, limitant ainsi le recours aux soins à l’étranger.
Au-delà de l’infertilité, les travaux ont accordé une place importante à la prévention du cancer du col de l’utérus, notamment à travers la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) et le dépistage des lésions précancéreuses. Le Dr Abderrahmane Ben Gharbia, spécialiste en gynécologie-obstétrique et président du Club de médecine maternelle et fœtale à Alger, a rappelé l’importance du frottis cervico-utérin dans la détection précoce des anomalies du col, en complément des stratégies de prévention vaccinale. L’intégration prochaine de la vaccination contre le HPV dans le calendrier national algérien confère à cette question un intérêt particulier pour les professionnels de santé. Les échanges ont également eu trait aux outils de surveillance du travail obstétrical, notamment le partogramme, un document de suivi qui permet de consigner l’évolution du travail, l’état maternel et les paramètres de surveillance du fœtus. Son utilisation contribue à repérer précocement certaines anomalies et à faciliter la prise de décision clinique, en particulier grâce au rôle des sages-femmes dans le suivi de l’accouchement.
Le Pr Bachir Zouawi, enseignant en gynécologie-obstétrique à l’université de Tunis, a développé ces questions lors de ses interventions, tout en animant des ateliers consacrés au consentement éclairé et à la relation médecin-patient, en collaboration avec des sages-femmes. Ces échanges ont mis en relief la nécessité d’associer les compétences techniques à une information claire de la patiente et au respect de son autonomie dans les décisions médicales. De son côté, le Dr Raymond Najar, gynécologue-obstétricien à Nouakchott, en Mauritanie, a également présenté des communications sur le partogramme et la vaccination contre le HPV. La participation d’une soixantaine de sages-femmes a témoigné de l’intérêt accordé à ces questions de pratique quotidienne. Les progrès de l’endoscopie gynécologique ont constitué un autre volet des débats. L’hystéroscopie, qui permet d’explorer la cavité utérine à l’aide d’un instrument optique, et la cœlioscopie, technique chirurgicale mini-invasive réalisée à travers de petites incisions, occupent une place croissante dans le diagnostic et le traitement de diverses pathologies gynécologiques. Ces approches peuvent notamment réduire le traumatisme opératoire et favoriser une récupération plus rapide, selon les indications et la situation clinique.
Les travaux se sont poursuivis avec une session plénière consacrée à l’échographie fœtale et à la chirurgie hystéroscopique en direct. À travers ces présentations et ateliers, le congrès entend favoriser le partage d’expériences et l’actualisation des connaissances, dans un domaine où l’évolution des techniques doit aller de pair avec la prévention, la sécurité des soins et une prise en charge adaptée à chaque patiente.
Sofia Chahine

