Loi de finances 2027 : Pas un dinar d’impôt en plus pour le pouvoir d’achat des Algériens
Le projet de loi de finances 2027 ne prévoit ni hausse des taux d’imposition ni nouvelle taxe, a assuré, lundi, le directeur général des Impôts, Djamel Hanniche, afin de préserver le pouvoir d’achat des citoyens, tout en réduisant l’écart entre recettes et dépenses de l’État.
Invité du « Forum de la Première », sur les ondes de la Chaîne 1 de la radio nationale, le DG des Impôts a présenté un texte qui vise à renforcer les équilibres financiers et à orienter l’économie nationale, tout en maintenant le caractère social de l’État, conformément aux instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Pour M. Hanèche, la préservation du pouvoir d’achat reste l’un des fils conducteurs du projet et aucune augmentation des taux ni aucune création d’impôt n’y figure. Cette ligne se traduit par des mesures qui touchent directement les revenus modestes, sous forme d’exonérations fiscales et de prolongation des exemptions déjà appliquées à certains produits de base consommés par les ménages. Le responsable a insisté sur le rôle de la fiscalité pour lever les obstacles et alléger le coût d’importation des denrées de large consommation dont les citoyens ne peuvent se passer. Concrètement, l’administration fiscale a reconduit jusqu’en 2029 l’exonération totale de TVA sur l’importation et la vente de certains produits, en particulier les légumes secs, les légumes et les fruits. De même, les exemptions de droits et taxes sur l’importation de viandes rouges et de bétail, notamment celui destiné à l’abattage, ont été prolongées. Autant de produits dont les prix pèsent chaque jour sur le budget des familles.
Le DG des Impôts a par ailleurs mis en avant le rôle du système fiscal dans le soutien à certaines filières de production et de transformation jugées vitales, à travers les dispositifs liés à l’investissement, notamment pour les activités enregistrées auprès de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement, conformément à la loi 22-18 relative à l’investissement. « Il existe des exonérations pouvant aller jusqu’à dix ans, qui concernent des secteurs, des zones et des projets structurants, ce qui contribue à créer de la richesse et des emplois, et permet de dégager des recettes fiscales supplémentaires », a-t-il déclaré.
Reste la question du rendement. Sans relever les taux, l’administration entend améliorer le recouvrement en luttant plus efficacement contre l’évasion. M. Hanèche a détaillé la nouvelle stratégie des services, sur les plans organisationnel et opérationnel : la Direction générale des Impôts s’est dotée d’un département dédié au contrôle fiscal et d’une direction chargée de la gestion des données, afin qu’aucun fraudeur n’échappe à ses responsabilités légales. Les services compétents sont désormais en mesure d’identifier les intermédiaires, de connaître leurs revenus et la nature de leurs transactions, ce qui permet de régulariser leur situation fiscale. L’administration a en outre été renforcée par 1 200 stagiaires, qui s’ajoutent aux quelque 30 000 agents de la Direction générale des Impôts.
Chokri Hafed

