Les Palestiniens de Ghaza sous la menace des aléas de l’hiver : L’ONU tire la sonnette d’alarme
A Ghaza et en Cisjordanie, la Palestine subit une même politique d’asphyxie sioniste que le monde peine à arrêter.
Alors que l’hiver approche, près d’un million de Palestiniens déplacés à Ghaza s’apprêtent à affronter pluies et inondations sous des abris de fortune. L’agression génocidaire sioniste a laissé une population exsangue que la saison froide menace désormais d’achever. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) indique, dans son dernier rapport publié lundi soir, qu’environ 950.000 déplacés vivent dans des sites exposés à un risque d’inondation moyen à élevé, dont plus de 400.000 dans des zones particulièrement vulnérables. Les stocks disponibles ne permettraient d’assister qu’environ 52.000 familles sur les 294.250 qui ont besoin d’une protection contre les intempéries, soit à peine 18% des besoins recensés. Beaucoup vivent sous des tentes usées jusqu’à la corde ou dans des bâtiments endommagés qui menacent de s’effondrer, alors que les pénuries de matériaux, de machines et de financements compliquent toute préparation. Dans un reportage publié lundi, ONU Info a montré des habitants remplir de sable d’anciens sacs de farine pour barrer la route à l’eau. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime pour sa part que deux millions de personnes ont besoin d’un hébergement dans l’enclave, alors que les prévisions annoncent des précipitations plus fortes. Les agences onusiennes insistent sur l’entrée régulière des matériaux d’abri et sur de nouveaux financements.
En Cisjordanie occupée, la saison de la récolte des olives, symbole de l’attachement des Palestiniens à leur terre, tourne encore une fois au cauchemar. Amnesty International dénonce, dans un communiqué diffusé lundi, un système d’apartheid sioniste qui fait de la cueillette une épreuve, entre des colons qui détruisent ou volent les récoltes et des restrictions militaires d’accès aux oliveraies, au prix de souffrances immenses et de lourdes pertes économiques. L’ONG rappelle les attaques commises ce week-end contre des habitants de Khirbet Abu Falah et de Taybeh, dans la région de Ramallah, qui ont aussi visé un photojournaliste du Washington Post et une délégation de diplomates européens. Elle voit dans cette flambée le fruit de l’incapacité persistante de la communauté internationale à s’attaquer au système qui rend l’oppression possible, et accuse les colons de chercher, par la terreur, à vider la Cisjordanie de ses habitants. Amnesty exhorte les Etats qui se disent opposés à l’annexion et à l’expansion des colonies à suspendre commerce, investissements et coopération qui nourrissent l’occupation, et à frapper de sanctions ciblées les responsables sionistes visés par des preuves crédibles de graves violations du droit international.
Derrière les murs des prisons, ce sont les plus jeunes qui paient le prix fort. Deux rapports publiés la semaine dernière par des organisations de défense des prisonniers révèlent qu’au moins 2.000 enfants palestiniens ont été emprisonnés ces trois dernières années, depuis le début de l’agression génocidaire à Ghaza en octobre 2023. Selon la Société des prisonniers palestiniens, nombre d’entre eux sont détenus sans charge ni procès, au titre de la détention administrative, ce qui les prive de leur stabilité familiale et scolaire. L’association Parents contre la détention des enfants met au jour le recours à l’isolement cellulaire, subi au moins une fois par de nombreux mineurs, dont la majorité n’avait pas été condamnée. Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU l’interdit pourtant, hors dernier recours, mais l’entité sioniste ne fait aucune différence entre adultes et mineurs. Alors que 350 enfants se trouvent toujours derrière les barreaux, Khaled Quzmar, directeur exécutif du Centre palestinien pour les droits de l’enfant, évoque des cas de torture, de privation de nourriture et de négligence médicale, et regrette que les ONG peinent à accéder aux prisons. La Société des prisonniers palestiniens réclame une véritable action internationale, qui dépasse la simple condamnation, pour libérer ces enfants et mettre fin à l’impunité.
Lyes Saïd
La FINUL fait état de la poursuite des violations sionistes au sud du Liban
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) a fait état de la poursuite des violations sionistes, dont des raids aériens et des bombardements ayant visé un certain nombre de localités et de villages du sud du pays, a rapporté, mardi, l’agence de presse libanaise ANI. Le porte-parole des Nations unies, Stéphane Dujarric, a indiqué lors d’une conférence de presse que la FINUL continue de surveiller toutes les violations en vertu de la résolution 1701 du Conseil de sécurité et d’en rendre compte. La mission a signalé plusieurs frappes aériennes sionistes au cours de la période allant de vendredi dernier à dimanche, en plus d’un intense bombardement d’artillerie et de mortier, ainsi que des travaux d’ingénierie, a-t-il dit, appelant à éviter toute action susceptible d’accroître les tensions. L’armée sioniste poursuit ses violations de l’accord de cessez-le-feu et multiplie ses agressions contre le Liban, sur fond de mises en garde contre une aggravation de la situation sécuritaire et humanitaire dans la région.
APS

