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Le 29e SILA s’ouvre officiellement ce mercredi à la Safex : L’édition de tous les records

Record d’exposants, surface presque doublée, Arabie saoudite en invitée d’honneur, le SILA promet une édition « exceptionnelle ».

Le Salon international du livre d’Alger (SILA) ouvre officiellement, mercredi, sa 29e édition au Palais des expositions (SAFEX) des Pins maritimes, avec un record de 1 567 exposants venus de 51 pays et plus de 300 000 titres. Le grand public y sera accueilli dès jeudi 29 octobre, de 10h à 19h30, jusqu’au 7 novembre. Invité à s’exprimer mardi matin sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, le commissaire du Salon, Mohamed Iguerb, a présenté une édition qu’il juge « spéciale, particulière, vraiment exceptionnelle ». Le premier argument est celui des chiffres. Le Salon occupera cette année 45 500 m², contre 23 000 m² en 2025, soit une surface « jamais égalée », grâce notamment à l’exploitation d’un nouveau pavillon. Placé sous le haut patronage du président de la République, il s’ouvre à une « participation record, sans égal, jamais enregistrée depuis l’histoire de ce Salon ». M. Iguerb rappelle que le SILA reste le plus grand événement de l’année, tous secteurs confondus, et affirme qu’il est classé, depuis deux ans, premier salon du livre au monde par la participation et la fréquentation. Le slogan, « Entre les pages d’un livre, l’avenir… », entend faire du livre un espace « où s’imagine l’avenir » et où prennent forme les transformations auxquelles aspire la société.

Sur les rayons, le visiteur trouvera tous les genres, en arabe, en tamazight, en français, en anglais, en espagnol, en italien ou en chinois. L’Arabie saoudite, invitée d’honneur, dépêchera ses plumes, tandis que l’Algérie sera représentée notamment par Yasmina Khadra et Akli Tadjer, annoncés en dédicace, en conférence ou en débat, alors que cette édition sera également parquée par la présence d’Adonis et de Benjamin Stora. Les causes palestinienne et sahraouie auront leurs espaces, comme l’« Esprit Panaf » qui donne la parole à l’Afrique.

Le portefeuille n’est pas oublié, et c’est peut-être l’argument le plus parlant. Le Salon est « exempté de tous droits et taxes », ce qui, selon M. Iguerb, représente déjà quelque 30 % de gain par rapport à la librairie. À cela s’ajoute la demande adressée aux maisons d’édition de consentir des « remises exceptionnelles » pouvant atteindre « 40 voire 50 % », surtout durant les trois ou quatre derniers jours. Le commissaire reconnaît que le livre étranger, universitaire et technique en particulier, reste cher, notamment à cause de la hausse des intrants et du papier, mais voit dans le Salon « une aubaine » pour les étudiants et les amoureux de lecture, qui y trouvent des nouveautés absentes du circuit traditionnel.

Côté programme, l’édition 2026 innove avec un espace de « mapping » en 3D, une première dans l’histoire du SILA, installé au pavillon Gourara, niveau 1. Il fera voyager le visiteur de l’Antiquité à l’« Algérie nouvelle », en passant par l’époque numide et celle de l’Émir Abdelkader. Les enfants disposeront de 850 m² de contes, d’écriture et de dessin, un choix dicté par un constat, le public du Salon est composé à environ 80 % de familles, et les vacances scolaires coïncident cette année avec l’événement. Les jeunes plumes ne sont pas en reste, avec la reconduction du prix « Mon premier livre », réservé aux moins de 35 ans, et la création d’un prix de la traduction, qui s’ajoute à celui du meilleur stand. Trois salles équipées accueilleront chaque jour conférences et rencontres consacrées à la littérature, à la traduction, à l’histoire et à la mémoire.

Interrogé sur les habitudes des lecteurs, M. Iguerb balaie les idées reçues et assure que « contrairement à ce que dirait certains, l’Algérie s’intéresse énormément au livre, lit énormément. » Il en veut pour preuve les plaques d’immatriculation des quatre coins du pays sur le parking, et des visiteurs qui, une fois dans un stand, « savent exactement ce qu’ils veulent ». Selon les bilans des dernières éditions, les ouvrages universitaires, techniques et scientifiques arrivent en tête des ventes, devant l’histoire puis le livre jeunesse. Quant au numérique et à l’intelligence artificielle, il n’y voit aucune menace car, estime-t-il, le livre électronique est un « complément » du papier, lequel « a de beaux jours devant lui ». Pour lui, le plaisir de « palper » et de « sentir » un livre ne se remplace pas, et la lecture est une « thérapie ». Côté pratique, l’organisation a misé sur le numérique avec une plateforme d’inscription pour les exposants, une application pour localiser les titres et les acheter à distance et un QR code sur les supports de communication pour consulter le programme. Les bus de l’ETUSA et le tramway assurent la liaison entre le centre d’Alger et les Pins maritimes. Après 6 millions de visiteurs l’an dernier, le commissaire espère une affluence encore supérieure.

Mohand Seghir

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