Culture

Avant-première de « L’ombre du sable » à Ouargla : Quand l’Histoire reprend la parole sur grand écran

Il y a des journées que l’Histoire grave dans la pierre et d’autres que le cinéma ressuscite à la lumière. Mardi soir à Alger, « L’ombre du sable », long métrage de fiction de Walid Bouchebbah, a été projeté en avant-première. Le film revient sur les manifestations du 27 février 1962 à Ouargla, ultime sursaut d’un Sud qui refusait qu’on le découpe en morceaux à quelques semaines de l’Indépendance, a rapporté l’APS. Produit par l’Établissement public de télévision (EPTV) sur un scénario de Noureddine Oughlissi, ce long métrage de 100 minutes remonte le temps jusqu’à une période charnière. La France coloniale rêvait alors de détacher le Sahara du reste du pays, et les habitants de Ouargla lui ont répondu dans la rue. Walid Bouchebbah explique que son film « dépeint la résistance populaire dans le Grand Sud algérien, notamment à Ouargla, pour contrer le projet de la France coloniale de détacher le Sahara du reste du pays ». Un récit qui suit le fil des événements, sans le tordre.

La trame s’appuie sur la chronologie des faits. Elle met en avant le rôle de résistants comme Cheikh Bayoud et rend hommage à des figures locales, l’infirmière Zahra et son frère Khelifa, devenus l’emblème d’un Sud pleinement engagé pour l’Indépendance et farouchement attaché à l’intégrité du territoire. Deux silhouettes modestes, mais qui portent sur leurs épaules tout le poids d’une époque.

Le film restitue aussi la manifestation de Souk El Hadjar, en plein centre de Ouargla, conduite par des révolutionnaires sous la direction de Mohamed Chenoufi. Elle coïncidait avec l’arrivée d’une délégation française venue vendre son projet de séparation entre le nord et le sud du pays. Les manœuvres de l’administration coloniale, qui voulait réunir en urgence des représentants de la population, ont tourné court. La réponse des autorités a été brutale, les manifestants essuyant des tirs. La foule a fait front, la poudre a parlé, et l’Histoire a retenu le courage de ceux qui n’ont pas reculé.

Côté distribution, le réalisateur a misé sur le mariage des générations. De jeunes talents partagent l’affiche avec des comédiens confirmés, dont Fodil Assoul et Farida Benhamouda. Ce choix visait, selon lui, à « renforcer l’authenticité et le réalisme de cette fiction historique ». L’expérience des uns sert de boussole, l’énergie des autres de moteur. Réalisé en partenariat avec le ministère des Moudjahidine et des Ayants droit, le film s’inscrit dans la commémoration du 64e anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale sur la Radio et la Télévision algériennes, ainsi que du 72e anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er novembre. Le directeur général de l’EPTV, Mohamed Baghali, le président de l’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel (ANIRA), Amar Bendjedda, et plusieurs responsables de médias publics ont assisté à la projection.

M.S.

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