Mahcer culturel à Tindouf : Le patrimoine fait salon et la mémoire prend ses quartiers
Depuis lundi, le Musée public national Ahmed-Mahsas de Tindouf accueille la deuxième édition du « Mahcer culturel », une rencontre qui donne à voir la richesse et la diversité du patrimoine national. L’événement court jusqu’à la fin de la semaine et réunit des musées et des institutions culturelles de plusieurs wilayas, avec une idée simple en toile de fond : ce qu’on ne transmet pas finit par s’effacer. Son directeur, Salah Sbih, l’a rappelé à l’ouverture. Le « Mahcer culturel » est, dit-il, « un espace dédié à la célébration du patrimoine national et à la valorisation de ses différentes composantes », qui aide à préserver la mémoire collective et à rapprocher les jeunes générations de leur histoire civilisationnelle. Autrement dit, une passerelle jetée entre ceux qui se souviennent et ceux qui découvrent. Le musée des arts plastiques de Bousâada a fait le voyage avec une collection de tableaux signés du célèbre peintre Nasreddine Dinet. Les toiles racontent la vie de la région, les tenues féminines et masculines, les coutumes des mariages et des fêtes, les pâtisseries, les jeux populaires. Selon Messaoud Gharbi, représentant du centre, elles documentent les traits de l’identité culturelle locale et gardent vivante la mémoire patrimoniale de la région. Chaque pinceau fait ici office de témoin. Le Centre de Tlemcen, spécialisé dans les vêtements traditionnels, déploie de son côté des collections qui disent la diversité des tenues algériennes et ce qu’elles portent de sens, d’histoire et de lien social. Le burnous y tient la place d’honneur, considéré comme un symbole d’authenticité et de bravoure. Autour de lui s’invitent des figures ancrées dans la mémoire collective, l’Émir Abdelkader et El Mokrani, a indiqué à l’APS son représentant, Ahmed Yahiaoui. Ici, l’étoffe devient récit.
Le Centre national des manuscrits d’Adrar complète le tableau en exposant son travail de conservation, de catalogage, de restauration et de numérisation. Ces opérations sont, rappelle-t-il, les garde-fous qui permettent de préserver ce patrimoine de la détérioration et de la disparition. Pour des feuillets souvent fragiles, c’est une course contre le temps que l’on mène à coups de patience et de pixels. Organisé par le musée Ahmed-Mahsas, le « Mahcer culturel » s’inscrit dans un effort plus large. Il s’agit de faire connaître le patrimoine algérien sous toutes ses formes, de renforcer les échanges entre institutions culturelles et d’ancrer la conscience de la protection du patrimoine matériel et immatériel, composante de l’identité nationale et pilier de la mémoire collective. R.C.

