Culture

Festival international du court métrage de Timimoun : L’oasis rouge donne rendez-vous au monde

Du 5 au 10 novembre, la perle du Gourara accueille la deuxième édition de son Festival international du court métrage. 63 films, 39 nationalités et une ambition assumée, transformer le désert en grand écran.

Le Gourara s’apprête à troquer le sable contre la pellicule. Du 5 au 10 novembre, Timimoun accueille la deuxième édition de son Festival international du court métrage (TISFF), qui alignera 63 films dont 37 en compétition, a annoncé mardi à Alger son commissaire, Fayçal Sahbi, lors d’une rencontre avec la presse. Seize fictions, treize documentaires et huit films d’animation se disputeront les faveurs du jury. Ils viennent de 39 pays, de l’Algérie, terre d’accueil, à la Palestine, de l’Afrique du Sud à la Tunisie, d’Oman à l’Italie et jusqu’au Brésil. Ici, les cinématographies voyagent sans visa et s’installent sans valise. Le rideau se lèvera sur « La Question », film d’animation du Portugais Alberto Segre, et retombera sur « La route de Timimoun » du musicien et chanteur Hamid Baroudi, comme si la boucle devait se refermer là où le sable la dessine. Pour Fayçal Sahbi, l’enjeu dépasse la simple projection. Il veut faire de la ville « un espace de rencontre entre réalisateurs, producteurs, critiques et professionnels du cinéma venus d’Algérie et du monde entier ». Le festival se veut aussi, ajoute-t-il, un « espace de soutien, dédié aux nouveaux talents ainsi qu’aux expériences cinématographiques indépendantes et innovantes ». Une main tendue à ceux que les grands circuits laissent souvent au bord de la piste.

Les couleurs nationales ne manqueront pas à l’appel. L’Algérie défendra ses chances dans deux catégories. En fiction, « Off on Off » d’Abdelmadjid Boulahbal, « By the Sea » d’Inès Daif et « Van Gogh and Me » de Hakim Traïdia porteront haut le drapeau. Côté documentaire, « Window » d’Abdelkader Guidoum, « Diwan au cœur de l’héritage » de Redouane Benmensour et « Le roman algérien (et l’histoire répète) » de Katia Kameli poseront leur regard sur le réel. Le court métrage est l’art de la condensation, un souffle plutôt qu’un fleuve, et ces six œuvres en feront la démonstration en quelques minutes chacune.

Le téléphone portable aura lui aussi droit à sa place au soleil. La compétition « ciné Pocket Yamina Chouikh » est réservée aux films tournés entièrement au smartphone et invite les jeunes de Timimoun à traiter des sujets commentés en cinq minutes au plus. Cinq minutes pour dire un monde, voilà un défi à la mesure d’une cité habituée aux grands horizons.

Hors compétition, le festival pense déjà à demain. Le « Gourara Lab », laboratoire Anis Djaad, accompagne les talents algériens dans l’écriture, le développement de scénarios et le partage d’expériences autour de la fiction courte. Six ateliers de formation, destinés aux jeunes de six wilayas du Sud, initieront par ailleurs les cinéastes en herbe au jeu d’acteur, à la réalisation et à la prise de vue. Autant de graines semées dans le désert, dans l’espoir que certaines deviennent palmiers.

Mohand Seghir

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *