Économie

Sommet du GECF : Poutine prévient que la demande de gaz va repartir à la hausse

La demande mondiale de gaz va bientôt repartir, et il faudra être prêt. C’est l’avertissement lancé par le président russe Vladimir Poutine à Moscou, en ouverture des travaux du 8e Sommet du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), rapporte l’APS. Selon lui, les turbulences géopolitiques ont fait fléchir les approvisionnements alors que la consommation s’apprête à remonter, ce qui impose « de renforcer l’offre, et, par conséquent, d’intensifier l’exploration et la production et de développer les infrastructures de chargement et de déchargement du gaz naturel liquéfié ». Le chef de l’Etat russe a aussi insisté sur la nécessité de « garantir la stabilité de l’approvisionnement des consommateurs en gaz », notamment à travers une coopération plus étroite entre les pays membres. Il a salué au passage la qualité des relations avec l’Algérie, qu’il a décrites comme « séculaires et amicales », se félicitant des contacts et des échanges d’informations entre les deux pays, notamment dans le domaine de l’énergie. Il réagissait à l’allocution du président Abdelmadjid Tebboune, lue devant les participants par le Premier ministre Sifi Ghrieb, qui représentait le chef de l’Etat à ce rendez-vous.

Au fil des interventions, les dirigeants des pays membres ont convergé sur un même diagnostic. Les secousses géopolitiques ont durement frappé les marchés de l’énergie, avec des retombées négatives sur l’économie mondiale. D’où leur appel à muscler le dialogue entre producteurs et consommateurs et à consolider les investissements sur toutes les chaînes de valeur du gaz naturel. Le secrétaire général du GECF, Philip Mshelbila, a détaillé les défis du moment, entre volatilité des prix et envolée de la demande sur les contrats à court terme. Rappelant que le gaz demeure une énergie propre et flexible, moteur d’une croissance durable pour de nombreux secteurs, il a plaidé pour des investissements à chaque maillon de la chaîne, ce qui suppose des capitaux importants. Il a également réaffirmé le droit souverain des pays à exploiter leurs ressources et dressé le bilan de 25 années d’existence du Forum, saluant la création à Alger de l’Institut de recherche sur le gaz (GRI). Face aux législations européennes sur la réduction des émissions de carbone, il a mis en avant l’importance de la coopération, les pays du Forum investissant déjà pour réduire leurs émissions de méthane. M. Mshelbila a en outre rappelé le poids de la « Déclaration d’Alger », issue du 7e Sommet organisé par l’Algérie en 2024, estimant que la « Déclaration de Moscou » permettra, par la concertation entre exportateurs et consommateurs, de soutenir la hausse de la production. Le président iranien Massoud Pezechkian a de son côté estimé que « les tensions géopolitiques influent sur la stabilité du marché gazier qui fait face à des défis sans précédent ». Il a vu dans le Forum une plateforme qui permet « d’asseoir un cadre de dialogue et de renforcer les partenariats » face aux enjeux énergétiques mondiaux. Amar Malki

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