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Visite du président somalien en Algérie : Alger et Mogadiscio veulent hisser leur coopération à des niveaux supérieurs

Le président de la République fédérale de Somalie, Hassan Sheikh Mohamud, est arrivé lundi à Alger pour une visite officielle visant à donner une nouvelle impulsion aux relations bilatérales, dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires et des enjeux géopolitiques majeurs. Cette visite, qui s’inscrit dans le cadre du renforcement des liens historiques unissant les deux pays frères, intervient après une série d’échanges diplomatiques de haut niveau qui témoignent de la volonté commune d’approfondir le partenariat stratégique entre Alger et Mogadiscio. Le président somalien a été accueilli à son arrivée à l’aéroport international d’Alger par le président de l’Assemblée populaire nationale, Brahim Boughali, mandaté par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Plusieurs membres du gouvernement ainsi que de hauts responsables de l’État ont assisté à la cérémonie d’accueil, soulignant l’importance accordée par l’Algérie à cette visite qui traduit la solidité des relations entre les deux nations et la détermination de leurs dirigeants à consolider le partenariat autour des questions d’intérêt commun. Les relations algéro-somaliennes, animées par une forte volonté politique des deux côtés, puisent leur force dans des valeurs communes d’entente, de solidarité et de confiance mutuelle. Ces dernières années, la coopération bilatérale a connu une dynamique soutenue, marquée par des contacts continus entre les dirigeants des deux pays. Cette relation privilégiée trouve son origine dans le soutien indéfectible de l’Algérie à la Somalie en toutes circonstances, ainsi que dans la convergence de leurs positions sur diverses questions régionales et internationales. Les échanges diplomatiques entre Alger et Mogadiscio se sont intensifiés depuis la rencontre entre le président Tebboune et son homologue somalien en novembre 2022, en marge de la 31e session du Sommet arabe à Alger. À cette occasion, le président somalien avait salué les efforts de l’Algérie en faveur de l’action arabe commune et exprimé la reconnaissance de son pays pour le rôle joué par l’Algérie dans le rapprochement des vues entre les factions palestiniennes. En septembre 2024, lors d’un entretien téléphonique, Hassan Sheikh Mohamud avait félicité le président Tebboune pour sa réélection, réaffirmant sa volonté d’œuvrer au renforcement des relations bilatérales afin de les hisser au rang de l’excellence au service des deux peuples. La diplomatie algérienne a maintenu un engagement constant envers la Somalie à travers plusieurs canaux. Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a eu des entretiens avec le vice-Premier ministre somalien en janvier 2024 à Kampala, en marge du troisième Sommet du Sud, puis en février à Addis-Abeba, lors de la 37e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine. Ces rencontres ont permis de passer en revue les relations bilatérales et d’examiner les développements dans la Corne de l’Afrique et la région sahélo-saharienne, les deux parties étant convenues de renforcer la concertation et la coordination dans les forums régionaux et internationaux. La visite officielle en Algérie du ministre somalien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdisalam Abdi Ali, en août dernier, a marqué un tournant décisif dans les relations entre les deux pays. Le chef de la diplomatie somalienne avait affirmé que l’Algérie est un bon partenaire pour la Somalie dans les domaines de la sécurité, de l’enseignement et du commerce, ainsi que sur les questions régionales. De son côté, Ahmed Attaf avait souligné que le soutien algérien à la Somalie n’est pas conjoncturel ou passager, mais plutôt une position historique, ancrée et enracinée, reposant sur l’intime conviction que la sécurité et la stabilité de la Somalie sont étroitement liées à celles de la région de la Corne de l’Afrique et de l’ensemble du continent africain. Cette visite avait débouché sur des décisions concrètes, consignées dans un communiqué conjoint. Les deux pays sont convenus de la création d’une commission ministérielle mixte chargée des dossiers relatifs à la coopération et d’un mécanisme de concertation politique. Dans le domaine de l’enseignement, il a été décidé de porter à cinquante le nombre de bourses universitaires accordées annuellement aux étudiants somaliens, témoignant de l’engagement algérien en faveur de la formation des cadres somaliens. Sur le plan politique, l’Algérie a réitéré son soutien indéfectible à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la Somalie, ainsi que son rejet de toute forme d’ingérence étrangère dans ses affaires intérieures. L’Algérie a également affirmé son appui à la Somalie dans sa lutte contre le terrorisme pour préserver sa sécurité et sa stabilité, un engagement qui reflète la solidarité africaine prônée par Alger. Au niveau international, les deux pays ont convenu d’intensifier la concertation et de renforcer la coordination au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment sur les questions liées au monde arabe et à l’Afrique, en leur qualité de membres non permanents de cet organe onusien. Sur les grandes questions internationales, l’Algérie et la Somalie partagent une vision commune. Concernant la question palestinienne, les deux pays soutiennent le droit du peuple palestinien à l’établissement de son État indépendant et souverain sur les frontières de 1967 avec El-Qods pour capitale. Au sujet de la crise au Soudan, ils insistent sur l’unité de ce pays frère et l’importance de le voir recouvrer sa sécurité et sa stabilité, appelant à faire prévaloir le dialogue et à rejeter les ingérences étrangères.

Concernant la question sahraouie, les deux nations se rejoignent sur la nécessité de soutenir les efforts du Secrétaire général des Nations unies et de son envoyé personnel pour parvenir à un règlement juste et durable. S’agissant de la situation en Libye, elles affirment que la solution à la crise doit passer par un processus politique inclusif, à même de renforcer l’unité nationale, de préserver l’intégrité territoriale et la souveraineté de ce pays frère, à travers l’organisation d’élections libres et transparentes permettant la mise en place d’institutions légitimes unifiées.

Chokri Hafed

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