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Travaux publics : L’Algérie se dote enfin de normes pour ses chantiers

Le gouvernement vient de franchir une étape décisive dans la régulation du secteur de la construction. Un projet de décret sur l’homologation des matériaux de travaux publics, examiné mardi en Conseil de gouvernement, pourrait mettre fin à des décennies de flou normatif qui ont coûté cher aux infrastructures du pays.

C’est un chantier législatif qui accompagne les chantiers en béton. Réuni mardi sous la présidence du Premier ministre Sifi Ghrieb, le gouvernement a poursuivi l’examen d’un texte qui engage directement la qualité et la durabilité des infrastructures algériennes : un projet de décret exécutif fixant les modalités d’homologation des produits utilisés dans les travaux publics. Routes, autoroutes, aéroports, ports, voies ferrées — aucun secteur n’échappe au champ d’application de ce futur texte réglementaire. Le communiqué des services du Premier ministre est précis sur l’enjeu : le texte « fixe les normes techniques des produits utilisés dans le cadre de la réalisation des travaux publics et met en place un référentiel dans le but de garantir la qualité et la sécurité des infrastructures de base. » En clair, il ne sera plus possible, à terme, d’utiliser n’importe quel matériau sur un chantier public sans qu’il ait obtenu au préalable une homologation officielle.

L’absence de référentiel normatif contraignant dans le secteur du BTPH est un problème structurel ancien. Des routes qui se dégradent avant même leur réception, des ouvrages d’art qui nécessitent des travaux de réfection quelques années à peine après leur livraison, des matériaux de qualité douteuse importés ou produits localement sans contrôle sérieux — autant de réalités que ce décret entend corriger. En instaurant une procédure d’homologation obligatoire, l’État se donne les moyens de filtrer en amont les produits qui entrent dans ses chantiers, plutôt que de constater les dégâts après coup.

L’enjeu est aussi financier. Les surcoûts liés aux malfaçons et aux réhabilitations prématurées représentent chaque année une charge considérable pour le Trésor public. Normaliser les intrants de construction, c’est in fine rationaliser la dépense publique sur le long terme. Le projet de décret sur les normes du BTPH, déjà en cours d’examen lors d’une précédente réunion, devrait être finalisé prochainement avant sa publication au Journal officiel.

Plusieurs dossiers à l’ordre du jour

La réunion de mardi ne s’est pas limitée au seul dossier des travaux publics. Le gouvernement a également entendu une communication sur « le projet national de référence d’adressage et ses impacts socio-économiques à l’horizon 2030 », un chantier numérique qui vise à doter chaque espace urbain d’une adresse identifiable, condition préalable à une meilleure délivrance des services publics et à ce que le communiqué appelle « une gouvernance intelligente et fondée sur les données. »

La santé publique était aussi à l’ordre du jour, avec un point sur la situation épidémiologique des maladies transmissibles. Le gouvernement a relevé que ces maladies « continuent de constituer un défi majeur pour le système national de santé », appelant au renforcement de la détection précoce et à « une coordination intersectorielle accrue. »

Enfin, la question du financement de la sécurité sociale a été abordée, dans un contexte de pression démographique et de hausse des dépenses. Le communiqué mentionne « la nécessité d’établir un plan d’action global à même de garantir l’efficacité du système de protection sociale, sa pérennité et son impact sur l’inclusion sociale » — une formulation prudente qui dit, entre les lignes, que les caisses sociales sont sous tension.

Malik Meziane

admin

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