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Le trafic de drogue marocain est l’assise de l’économie parallèle du Makhzen : Une menace pour la sécurité régionale

Un rapport du site « N’oubliez pas le Sahara occidental » dénonce l’ampleur industrielle du trafic de drogue lié au Maroc, désormais composante stratégique d’une économie parallèle profondément enracinée qui menace la stabilité de l’Europe, de l’Afrique du Nord et du Sahel, au-delà de la simple criminalité organisée.

Le document intitulé « Trafic de drogue : la dimension stratégique d’une économie marocaine parallèle », publié lundi, met en lumière l’évolution inquiétante d’un phénomène qui a dépassé le stade de la délinquance marginale pour s’ériger en véritable pilier d’un système économique occulte. Selon les auteurs du rapport, la production de cannabis au Maroc s’est développée sur plusieurs décennies pour atteindre une échelle industrielle, bénéficiant d’une « tolérance institutionnelle persistante » qui permet aux réseaux de trafic d’opérer de manière organisée et de générer des profits considérables sans aucun contrôle financier ni institutionnel.

Cette criminalité transfrontalière ne se limite plus aux frontières marocaines. L’Europe est devenue une destination majeure de ces flux illicites, provoquant une escalade préoccupante de la violence liée aux gangs armés étrangers dans plusieurs pays du continent. Le rapport souligne que cette dimension internationale constitue désormais un « enjeu sécuritaire et judiciaire nécessitant une mobilisation internationale globale », illustrant la portée continentale d’une menace qui dépasse largement le cadre national.

L’analyse révèle que les revenus issus du trafic ne servent pas uniquement à enrichir les réseaux criminels. Ils sont également instrumentalisés « pour la négociation, le chantage, ainsi que le financement de groupes de pression et d’activités illégales », transformant cette économie souterraine en outil stratégique du système du Makhzen. Cette professionnalisation des activités illégales, transmise au fil des générations, les fait passer du statut de simple dysfonctionnement systémique à celui de « source de corruption financière généralisée », menaçant directement la stabilité des pays voisins et alimentant les tensions sociales et sécuritaires dans toute la région.

Le document dénonce également la transformation du Maroc en centre logistique majeur du trafic international. Au-delà de la production locale de cannabis, le royaume est devenu une plaque tournante pour l’acheminement de quantités importantes de cocaïne vers les marchés européens et africains. Le rapport décrit un réseau sophistiqué de routes clandestines comprenant des embarcations de contrebande équipées, des routes terrestres traversant les zones désertiques, des hélicoptères franchissant le détroit de Gibraltar et, dans certains cas documentés, des tunnels reliant le Maroc à Ceuta.

Les auteurs soulignent que ces infrastructures ne résultent pas d’initiatives improvisées mais témoignent d’une « coordination méthodique et des capacités techniques avérées ». Cette organisation place la responsabilité non seulement sur les réseaux criminels, mais aussi sur les « parties complices censées assurer la surveillance des frontières et le respect des lois internationales », pointant du doigt les défaillances institutionnelles qui permettent la perpétuation de ces trafics.

Le rapport établit un parallèle inquiétant entre le trafic de drogue et d’autres instruments de pression géopolitique employés par le régime marocain. Il qualifie ce phénomène de « composante d’une géopolitique non conventionnelle », comparable par ses effets à « l’instrumentalisation de la migration comme outil de chantage et de négociation pour obtenir un soutien par la pression en vue de légitimer l’occupation du Sahara occidental ». Les auteurs avertissent que nier cette dimension stratégique constituerait une « erreur grave » dans l’appréciation des menaces sécuritaires régionales.

La conclusion du document est sans équivoque : l’implication du Maroc dans le trafic de drogue et l’inondation de nombreux pays par ces substances toxiques ne relèvent plus d’une simple activité criminelle. Ce phénomène est devenu un « moteur silencieux d’une économie informelle exploitant la faiblesse des institutions et un effondrement structurel du système du Makhzen ». Le rapport décrit un État où les frontières et les ports se sont transformés en « couloirs ouverts à la contrebande », où les marchés locaux servent d’espaces de blanchiment d’argent, et où la société civile est devenue la « victime directe des effets d’une violence et d’une corruption endémiques », révélant une profonde crise institutionnelle qui menace l’ensemble de la région.

Lyes Saïdi

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