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Tensions au Moyen-Orient : L’OPEP+ envisage une augmentation de sa production face à l’escalade militaire

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés producteurs, réunis sous l’appellation OPEP+, s’apprête à examiner des plans pour une augmentation plus significative de sa production pétrolière lors de la réunion des principaux membres prévue ce dimanche, dans un contexte de tensions militaires accrues au Moyen-Orient, selon Reuters citant des sources de l’Opep. Cette décision intervient suite aux frappes aériennes israéliennes menées contre l’Iran et à l’annonce par le président américain Donald Trump d’une opération « à grande échelle ». Ces développements suscitent de vives inquiétudes quant à un conflit plus large dans cette région stratégique qui concentre une part essentielle de la production pétrolière mondiale.

En début de semaine, avant l’escalade militaire, des représentants de l’OPEP+ indiquaient que l’organisation prévoyait une reprise modérée de la production pétrolière à partir d’avril prochain, après trois mois de maintien des niveaux actuels. Au quatrième trimestre 2025, l’organisation avait augmenté sa production mensuelle de 137.000 barils par jour. Toutefois, les récentes frappes israéliennes  et l’engagement militaire américain ont radicalement modifié la donne, poussant les principaux producteurs à reconsidérer leur stratégie.

Les répercussions sur les marchés pétroliers ne se sont pas fait attendre. Le vingt-sept février, les prix du pétrole Brent à Londres ont atteint 73 dollars le baril, leur plus haut niveau en sept mois, tandis que les craintes d’une attaque militaire d’envergure éclipsaient les signes de surabondance de l’offre sur le marché mondial. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril a gagné 2,45% pour s’établir à 72,48 dollars, tandis que son équivalent américain, le West Texas Intermediate, a progressé de 2,78% à 67,02 dollars. Les cours évoluent ainsi à des niveaux inédits depuis environ six mois.

Cette nouvelle action militaire intervient deux jours après la rencontre en Suisse des délégations iranienne et américaine pour le troisième cycle de négociations sur le programme nucléaire iranien. Si Téhéran s’est montré optimiste quant aux progrès des pourparlers, le président Trump a déclaré vendredi être « pas très content » de la teneur des négociations en cours et a affirmé ne pas avoir pris de « décision finale » sur de possibles frappes. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a de son côté mis en garde les États-Unis contre « toute exigence excessive » dans leurs discussions, atténuant l’optimisme affiché la veille à l’issue d’une session de pourparlers à Genève menée sous médiation omanaise. Face à cette escalade, l’Arabie saoudite et plusieurs autres pays producteurs, dont paradoxalement l’Iran lui-même, ont accéléré leurs exportations de pétrole ces derniers jours. Ryad a temporairement augmenté sa production pétrolière pour 2025 en réaction aux opérations militaires américaines visant les installations nucléaires iraniennes. Cette stratégie vise à rassurer les marchés et à prévenir toute pénurie d’approvisionnement.

L’Iran demeure un producteur important de pétrole et le pays est riverain du détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20% de la production mondiale, ce qui explique l’ampleur des réactions sur les marchés. Washington a notamment dépêché dans la région deux porte-avions dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, attendu au large des côtes palestiniennes après avoir quitté jeudi la Crète, témoignant du plus important déploiement militaire américain au Moyen-Orient depuis des décennies. Les tensions géopolitiques actuelles éclipsent presque la réunion prévue de l’OPEP+, même si les spécialistes notent qu' »il est peu probable que les prix subissent des pressions à la baisse, du moins pour le moment », malgré l’augmentation envisagée de la production.

Samira Ghrib

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